Le Destin de Cassandre – Chapitre XII – Par Nuage
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Chapitre XII
Je me suis endormie, repue de l’orgasme que je me suis donnée, le soleil a tourné, ma chambre est dans la pénombre. Je sursaute en tournant la tête, une enfant assise en tailleur, attend sagement au pied de l’estrade. Elle a déposé une robe devant elle ainsi que le voile dont m’a parlé Naïma. Je la regarde plus attentivement, elle n’est pas Maure ou du moins pas entièrement, la carnation de sa peau est plus jaune et ses grands yeux noirs sont légèrement bridés, elle est de toute beauté et fera des ravages dans le cœur des hommes plus tard. Depuis que je suis ici, je me suis aperçu que le mélange des races est monnaie courante dans ses contrées du bout du monde, les femmes n’ont aucun droit et doivent se soumettre au bon vouloir des hommes sans aucune restriction, mais je dois admettre que la plupart ne semblent pas mécontentes de leur sort.
« Il faut vous vêtir…Myna, la Bas Kadin Efendi est au hammam et vous réclame, dépêchez-vous ! »
Surtout ne pas la faire attendre, devenir indispensable à ses yeux pour l’instant, c’est le but que je dois garder en tête. La robe est toute simple en coton mais cela fait si longtemps que mon corps est dénudé que le frôlement du tissu sur ma peau est presque dérangeant. Je me baisse pour que la fillette arrange mon voile et la remercie d’un baiser sur la joue, ma marque de tendresse fait monter sur son visage un joli sourire quelque peu édenté mais c’est si agréable de voir que ce simple geste peut apporter de la joie.
« Quel est ton nom, petite ? »
« Ranaya »
« Eh bien Ranaya je te suis, montre-moi le chemin jusqu’au hammam, tout est si grand ici que j’ai bien peur de me perdre dans le dédale de couloirs et de cours »
Au fil de notre traversée des multiples patios et ruelles, nous croisons un nombre impressionnant d’esclaves. Seules les femmes du Sultan sont musulmanes et ne peuvent donc pas être esclaves. Je suis impressionnée par le nombre important d’eunuques qui nous surveillent, il y en a devant chaque porte.
Enfin nous arrivons à l’entrée du hammam, je n’en crois pas mes yeux, il s’agit d’un ensemble de pièces immenses carrelées de marbre blanc et gris avec de grands bassins. Il règne une atmosphère étouffante dans ces lieux, les femmes présentes jacassent, on dirait une volière remplie d’oiseaux criards.
La fillette me prend par la main et me mène vers une salle plus calme dont le bain est fermé par une grille dorée finement ouvragée, la Bas Kadin Efendi se prélasse sur le bord.
« Maîtresse, voici la française que vous avez demandée. »
« Viens ici toi ! J’ai besoin d’en savoir un peu plus sur toi ! Tu me parleras en me massant le dos, nous verrons si tu es aussi douée que pour les pieds. »
« Que désirez-vous savoir Maîtresse ? »
« Tout ! N’omets rien, surtout pas les détails scabreux. »
Comme lors de ma présentation, un plateau rempli de fioles est posé près d’elle, cette fois-ci je choisis une senteur un peu musquée. Je fais couler quelques gouttes dans le creux de mes mains et les frottent l’une contre l’autre pour réchauffer l’huile avant de commencer mon massage. Sa peau est extrêmement douce sous mes paumes, elle n’a pas subie pas l’outrage du temps, cette femme prend soin d’elle sauf de son poids mais il parait que les hommes de ce pays aiment les femmes rondes, preuve qu’ils peuvent subvenir aux besoins de leur harem. Je fais rouler les muscles du dos, étire ceux le long de la colonne et je la sens se détendre peu à peu. Je fais le récit de mes aventures passées, il faut qu’elle sache que je suis forte, que je suis résistante aux pires épreuves.
« A ce que j’entends, tu devrais déjà être morte depuis longtemps ! Mais dis-moi aimes-tu l’amour ? Il faut aimer pour donner et je ne te crois pas prête pour ça. »
« On m’a toujours prise de force Maîtresse, sauf pour les femmes qui ont été douces avec moi comment pourrais-je avoir aimé ? »
« Petite idiote, je veux savoir si tu prends du plaisir lorsqu’un homme te force ! »
« Cela m’est arrivé Maîtresse. »
Je n’arrive pas à croire que je viens de dire ça ! Je sens le rouge me monter aux joues pour un peu je lui aurais avoué la force de mes orgasmes.
« Eh bien, que vois-je ? Tu rougis, aurais-tu honte ? »
« C’est que… »
« Je vois que tu as beaucoup encore à apprendre des hommes ! Sais-tu que rien ne peut plus plaire aux hommes qu’une femme qui crie son plaisir d’eux ? »
« J’apprendrai Maîtresse, je serai une élève appliquée »
« Je l’espère Myna, ici, tout est fait pour que tu apprennes à être une femme accomplie et heureuse de servir son Maître. Celles qui ont eu le malheur de ne pas le comprendre ne sont plus là pour en parler ! Aux dires du Vizir tu es très obéissante et tu apprends vite, nous verrons tes progrès d’ici deux semaines mais d’ici là tu viendras chaque jour me masser, tu t’y prends assez bien pour une néophyte. Va maintenant je suis fatiguée. »
« Je m’emploierai à vous satisfaire Maîtresse. »
Je vais pouvoir m’occuper de moi maintenant, je me dirige vers les bains réservés aux élèves sans me préoccuper des regards que me jettent les odalisques sans doute envieuses de ma longue conversation avec la Bas Kadin Efendi lorsque je me retrouve le nez contre le carrelage, l’une d’elles vient de me faire un croc en jambe. Cassandre relève-toi !
Voilà que je me parle à moi-même. J’entends les rires derrière moi. Grand bien leur fasse, j’ai connu bien pire ! Je me redresse avec le plus de souplesse possible et reprends mon chemin. Le bassin qui nous est réservé est carrelé de bleu et blanc avec de beaux motifs en arabesques, je vais trouver un petit espace légèrement éloigné des furies qui sont mes compagnes pour les semaines, les mois à venir. Me déshabiller devant elles, n’est pas un problème, c’est même un soulagement, décidément ma peau a du mal accepter le frottement du tissu, je vis nue depuis si longtemps. J’entre dans l’eau et je me sens revivre entourée de cette chaleur qui selon les maures permet d’éliminer les mauvaises humeurs, je me détends enfin, c’est merveilleux. J’aperçois Naïma qui s’active auprès des concubines dans le bassin d’eau froide, elle virevolte sans se départir de son beau sourire pour servir à qui des boissons, à qui des onguents, elle possède une grâce que j’envie. J’aimerais lui faire signe mais je n’ose pas, je sens toujours les regards des autres sur moi et ils sont pour le moins agressifs. La température de l’eau ramollit mes chairs, il temps de passer dans l’autre bassin. Encore un peu hésitante, je sors et me dirige vers celui d’eau froide, là où se tient Naïma. Dieu que c’est froid ! Mais que cela fait du bien !
« As-tu besoin d’un massage, après ton bain Myna ? »
« En ai-je le droit ? »
« Oui, je peux le faire ici où dans ta cellule »
« Alors dans ma cellule, ainsi nous pourrons parler »
« Je viendrais dès que les concubines en auront fini ici »
Je suis dans ma cellule depuis quelques minutes lorsqu’une des concubines entre et vient littéralement se jeter sur moi. Ma surprise est telle que je ne réagis pas, me retrouve sous elle sans pouvoir esquisser un geste et je reçois une volée de claques sur le visage d’une rare violence.
« Ceci c’est pour te souhaiter la bienvenue, apprends que toutes les nouvelles doivent se présenter à moi et se soumettre. Tu as compris ? Sinon crois-moi ta vie va devenir un enfer ! Je vais te lâcher mais ne t’avise pas de t’enfuir. Tu vas être très gentille, ouvrir les jambes et te laisser faire. »
Eh bien, je vais encore une fois devoir accepter les caprices de plus fort que moi, cette femme est d’une maigreur à faire peur mais elle possède une force hors du commun. Naïma ne devrait plus tarder mais je ne pense pas qu’elle s’interpose entre nous au contraire, je me souviens de sa façon de lécher mon sexe lorsqu’elle m’a cousu, elle y avait pris plaisir. Les mains osseuses remontent les longs de mes cuisses, me triturant durement, elle veut me faire mal mais mon ventre me lance des ondes contraires. Je commence à bien reconnaître les prémices du désir qui monte doucement, d’ailleurs inconsciemment j’ai avancé le bassin vers elle et fermé les yeux.
« Je vois que tu aimes les femmes, ne dis pas non, je n’ai fait qu’effleurer tes cuisses et ton sexe est déjà ruisselant et béant. Tu vas me faire du bien à ton tour. J’ai un petit objet qui va t’aller à merveille, ouvre les yeux pour voir cette merveille »
Elle me présente, un phallus en ivoire muni de deux sangles d’une longueur et d’une grosseur bien en dessus de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent.
« Tu vas te mettre entre mes jambes et t’en servir comme le ferait un homme sauf que vois-tu je vais te l’attacher sur le visage. Comme je vois Naïma qui vient, elle va te donner le rythme à coups de ceinture sur ton joli fessier. Naïma tu sais ce que j’aime, rapide et fort, vas-y »
Moi qui pensais avoir quelques répits en ces lieux, une fois encore je vais être une esclave sexuelle sans pouvoir m’insurger puisqu’il me faut gagner les bonnes grâces des femmes qui comptent dans le harem et celle-ci en fait partie puisque c’est une concubine. Peut-être est-ce un test organisé par la Bas Kadin Efendi, il faut que je me soumette à ses envies, d’ailleurs ce n’est pas si terrible j’ai connu bien pire.
Naïma serre les liens autour de ma tête, me voilà affublée d’un pénis à la place de la bouche. Je dirige l’objet vers le sexe béant devant moi, le clitoris est très proéminent, les grandes lèvres luisent du désir qu’elle ressent et c’est sans aucune difficulté que j’enfonce le mandrin dans son vagin et commence mes va et vient rythmés par les coups de Naïma. Elle frappe régulièrement mes fesses accélérant toujours un peu plus et j’ai bien du mal à suivre le tempo qu’elle impose, la douleur sur mes reins est de plus en plus forte mais je ne veux pas craquer, je veux résister jusqu’à la jouissance de la femme. Elle a posé une main sur mes cheveux et tire sur ma tête pour que j’aille plus profond en elle, j’entends sa respiration qui augmente et ses petits cris de plaisir, j’aimerais pouvoir me caresser car moi aussi je sens le plaisir monter, la vue de sexe ouvert et ruisselant m’excite, me rappelle les doux moments avec Marie et Salma, je ne sens plus les coups que me donne Naïma, ils participent à mon excitation. Je ne sais comment l’expliquer mais depuis quelques temps la douleur m’est devenue chère, comme une amie que l’on a apprivoisée avec le temps.
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