Le Troisième Anniversaire de l’Anneau : Le mot de Maître George
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Il y a déjà un an, je vous parlais ici de la sortie prochaine de « 50 nuances de Grey », et de ses conséquences possibles sur notre monde.
Aujourd’hui, ce livre a touché 70 millions de lecteurs (lectrices plutôt !) dans le monde.
Dans les librairies fleurissent en France des dizaines d’ouvrages qui traitent du sujet des relations de domination/soumission, surfant ainsi sur le succès du livre d’ Erika James…
Le grand film Hollywoodien tiré du livre est en préparation et sortira vraisemblablement en 2014. Il viendra en fait relancer de façon très forte, le phénomène déjà existant.
En effet, déjà aujourd’hui, tout a changé :
Sauf dans les campagnes retirées, nos relations D/S sont devenues « tendance »
En moins d’une année, nos pratiques sont passées du fond des caniveaux aux premières pages des magazines à la mode !!!!
Mais bien sûr, comme nous pouvions nous y attendre, ça part dans tous les sens !!!
Chacun tire les couvertures de son côté.
Et c’est la cacophonie :
J’entendais hier sur Fance Inter, une petite chronique qui disait en substance que la seule chose intéressante de nos pratiques, était de s’attacher pour faire l’amour…
Parfois, c’est le commerce qui s’invite dans notre monde : Il suffirait d’acheter fort cher des habits de cuir ou de latex, ou des menottes fourrées, pour faire partie de notre monde…
De très nombreuses personnes, intéressées par nos pratiques, sont incapables de trouver une information sérieuse et claire.
Comme je l’avais dit l’année dernière, notre monde ne s’est pas préparé à recevoir dans de bonnes conditions toutes ces nouvelles personnes désireuses d’apprendre et de comprendre.
Nous ne sommes pas prêts parce que même dans notre monde de pratiquants règne la plus grande des confusion…
Nous n’avons jamais été capables de nous mettre d’accord sur une définition simple de ce que nous faisons ! Ni même sur un mot pour le synthétiser !
Et nous ne l’avons pas fait, parce que par peur, ou par intérêt, nombreux ont été ceux qui ont tenu à tout cloisonner, et à éviter l’ouverture et le dialogue. Diviser pour régner : la vieille méthode qui a fait ses preuves !
En tant qu’association de passionnés, c’est notre rôle de discuter de tout cela et de nous mettre d’accord sur une plateforme commune. Puis de la proposer aux autres associations et collectivités, et enfin au public.
Même si je pense que j’aurais dû le faire bien plus tôt, je voudrais ouvrir aujourd’hui ce débat, et je vous demande de bien vouloir y apporter votre pierre.
Loin de moi le désir d’imposer une vision spécifique de nos relations. Mon but est uniquement de recentrer nos relations sur l’essentiel. Je souhaite rechercher avec vous le plus petit dénominateur commun afin simplement d’éviter aux futurs pratiquants de se fourvoyer.
Je me propose donc , en guise de méthode de travail, de vous présenter un texte synthétique à améliorer, à modifier et/ou à préciser.
D’abord une question de vocabulaire :
le qualificatif le plus populaire de nos relation est BDSM.
Ce terme est à la fois extrêmement flou, et introduit d’emblée l’idée que nous ne savons pas nous même ce que nous faisons…BDSM (Bondage, discipline, domination, soumission, sadisme, masochisme) : Je ne m’étendrais pas sur l’incroyable mélange de ces mots juxtaposés, et sans aucun lien logique entre eux. Ce n’est pas un contre sens, c’est un non sens !
Je propose qu’une fois pour toute, nous n’utilisions plus que le terme D/S pour domination/ soumission. En effet la relation de domination/soumission est bien ce qui nous unit, et rien d’autre. (Le Bondage est l’une de nos multiples pratiques, la discipline est l’une des nombreuses qualité requises, et sadisme et masochisme, des termes utilisés en psychiatrie)
Mais parler de relation D/S n’est pas assez clair : Au pied de la lettre, on pourrait dire qu’un proxénète et sa prostituée ont une relation de domination/soumission. Or nous n’avons rien de commun avec ces gens.
Voilà pourquoi, il faut accoler à ce sigle une définition précise.
Pour moi, la relation qui nous unit commence par la volonté d’une soumise, ou d’un soumis, de faire le don de soi même de façon absolue. Il doit toujours s’agir d’une démarche libre, volontaire et éclairée.
Le Maître est celui qui comprendra cette volonté de don, qui sera capable d’en mesurer la sincérité et l’importance, qui acceptera ce don et qui sera capable de le gérer dans le temps de façon à ce que le soumis ou la soumise soit heureux de rester dans cet état de soumission.
Cette relation est extrêmement forte. Elle implique une confiance totale donnée par le dominé au dominant, et une empathie de tous les instants donnée par le dominant au dominé.
Nous ne sommes pas bien loin d’une définition de l’amour… Mais je pense qu’il faut se garder de franchir le pas.
Notre petit monde n’est pas conformiste, il est composé de personnalités fortes : Il ne devrait pas être vraiment impossible de bousculer des habitudes de vocabulaire… Si on en est là, nous devrions aussi revisiter les termes de soumise et de Maître… En particulier, le terme de soumise implique une passivité, une acceptation permanente d’un état subalterne, qui ne correspond pas à la réalité : Notre forgeron des mots, Lupercus, nous propose le mot de « conquise » qui marque notre respect pour elles, qui me semble beaucoup plus logique et réaliste, qui nous éloigne des femmes soumises par l’argent ou par la religion et qui est aussi de surcroit, plus élégant.
Il est vrai néanmoins qu’une dominatrice peut être conquise par la docilité d’un homme…
Peut être faudrait il un mot réellement nouveau ? Des propositions ?
Je pense qu’il est important également de « borner » clairement le champs de notre communauté :
La relation D/S, telle que décrite ci dessus est protéiforme. Elle inclut un nombre extraordinaire de pratiques diverses. Cependant, aucune de ces pratiques, hors du contexte de la relation D/S, ne caractérise notre communauté. Un enfant qui ligote son copain en jouant aux cowboys et aux indiens, n’a rie à voir avec notre monde.
Ce n’est donc que l’intention et non l’acte qui compte.
En ce moment, la mode est aux cordes : Nous aimons utiliser les cordes dans nos jeux, le bondage et le kinbaku nous permettent de faire ressentir de belles sensations à nos soumis, mais notre monde ne se résume pas à ces pratiques, pas plus qu’à aucune autre pratique. Un art ne se résume pas aux outils employés par l’artiste.
Il en va de même pour les tentatives de « récupération » de notre monde par les « marchands du Temple » :
Nous aimons voir nos soumises et soumis, dénudés pour nous : Il nous arrive de les exposer ainsi lors des soirées. Si ils peuvent accepter la nudité, a fortiori, ils peuvent accepter, pour nous, de s’habiller de la façon la plus étrange, exactement suivant nos désirs, sans aucun tabou. Nous sommes donc les seuls à être en capacité de laisser libre cours à notre imagination, et c’est ce que nous faisons. Ce n’est donc pas un hasard, si notre monde est une sorte de « laboratoire », et si nous sommes à l’origine de très nombreuses modes vestimentaires…
Nous sommes également une clientèle qui dépense beaucoup d’argent dans les boutiques spécialisées…
Ces marchands aiment notre originalité, notre inventivité, et notre clientèle.
Mais ils n’aiment pas particulièrement le cœur de notre monde : la relation de domination/soumission, en tous cas pas suffisamment pour organiser des soirées spécifiquement faites pour notre communauté, ce qui ne leur rapporterait rien de plus que ce que nous leur donnons déjà.
Ils ont donc décidé que nous sommes des fétichistes des vêtements qu’ils vendent, et organisent des soirées sur ce thème, ce qui leur permet de nous « montrer » à tous les curieux, qui sont également leurs futurs clients…
Il faut le dire clairement, il se peut que quelques personnes de notre monde soient également fétichistes des vêtement, mais même dans ce cas, cette pratique ne caractérise en rien notre monde…
Certains d’entre nous sont également pêcheurs à la ligne, et nous ne fréquenterions quand même pas les soirées « pêche à la ligne et BDSM », si elles existaient !
Il reste un sujet sur lequel nous devrions pouvoir parvenir à un consensus : la place du sexe dans nos relations de domination/soumission…
Pouvons nous admettre que la sexualité ne peut en aucun cas être exclu du champs des relations de domination/soumission, pas plus qu’aucune autre manifestation de notre vie d’homme ou de femme ?
La seule question qui peut poser un problème à ce sujet est la suivante : Est ce que la sexualité peut ou doit être partagée dans le cadre de nos rencontres ou soirées. Je crois que la réponse à cette question ne peut pas être générale, ni collective… Dans l’intimité de chaque relation D/S, les actes sexuels peuvent revêtir les formes les plus variées et intervenir à peu près n’importe quand et n’importe où. Il est donc légitime qu’ils puissent intervenir au cours de nos réunions. La seule limite à cette liberté, c’est celle des autres… On ne peut pas imposer aux autres, fussent ils comme nous des passionnés de relations D/S, des relations sexuelles, ni même la vision de nos relations sexuelles. C’est la raison pour laquelle, il est logique de prévoir une pièce à l’écart, lors de nos réunions, utilisable à cet effet.
Tous ceux qui ont un peu d’expérience réelle et vécue de nos relations, peuvent et doivent réfléchir sur ces sujets basiques, simplement parce que, même si nous ne sommes qu’une petite association, et même si nous n’avons aucune qualification académique pour le faire, nous sommes la seule et unique entité qui affiche sa volonté de fédérer notre communauté D/S dans la vie réelle, en dehors de toute influence commerciale, et cette situation nous confère, qu’on le veuille ou non, la responsabilité de réfléchir et de faire connaître le fruit de nos réflexions.
Je vous remercie donc de le faire individuellement (ou collectivement) et de me faire part de vos réflexions sur les sujets évoqués ci dessous.
Au plaisir de vous lire,
Amitiés
Maître George
Dragon29 said on
Je remercie tous ceux qui ont apporté leur témoignage et leur opinion au sujet de mes propositions. Je salue l’intérêt porté au sujet et la grande qualité des textes de chacun..
Je pense néanmoins que je dois préciser quelques points :
Je n’ai aucune intention d’édicter quelque règle que ce soit, ni de restreindre quelque liberté que ce soit, bien au contraire.
Nous sommes une petite collectivité, qui utilise une palette de pratiques très variées.
Cette collectivité n’a pas d’institution représentative, et elle n’a pas construite elle même son nom, ni les noms de ses pratiques.
Disons comme ces pays africains dont le nom avait été donné par ses colonisateurs…
Ce n’est pas vouloir restreindre des libertés que de demander aux citoyens concernés de choisir eux même le nom qui leur convient.
Toutes les collectivités ont un jargon. Le notre est particulièrement pauvre et imprécis.
N’est-il pas temps de constater cet état de faits et de tenter d’y remédier ?
Nous pouvons encore passer quelques années en refusant de nous poser ces questions, mais pourquoi ne pas en parler dès à présent…?
Sans rechercher la moindre polémique, je tiens à répondre à chacun :
Erospower :
Tu dis : « Les mots que nous utilisons pour nous définir expriment notre pensée ».
Je pense que ce serait préférable, mais je ne crois pas que ce soit le cas aujourd’hui : je crois que nous utilisons ces mots (comme BDSM) par manque de choix… et par facilité, et non pour exprimer réellement notre pensée, et c’est précisément ce que je voudrais modifier…
Je suis tout à fait d’accord avec toi pour insister sur l’union et la réunion, et je fais tout ce que je peux dans ce but, mais l’union pourquoi faire ? : Si nous ne construisons rien de positif ensemble, l’union sera stérile…
Je suis aussi complètement d’accord avec toi pour dire que ce que nous faisons est très perfectible, et que ce ne sera jamais parfait. Mais dans le but de ne pas créer de divisions, et de préserver un maximum de libertés individuelles pour chacun, nous devons « aménager », nous devons « transiger », par exemple pour les relations sexuelles… En effet, demander à ceux qui souhaitent avoir des relations sexuelles lors des soirées de le faire discrètement, c’est en effet limiter leur liberté. Ne pas le faire, c’est imposer la vision de relations sexuelles à certains qui ne souhaitent pas les voir, c’est à dire limiter leur liberté…
Vivre ensemble, c’est faire des compromis. Pour vivre en harmonie, il faut sacrifier sur cet autel une partie de nos libertés. Faisons en sorte que ces sacrifices soient équilibrés, et que nous ne soyons pas obligés de sacrifier des parties essentielles de nos libertés.
Paul-Alcy :
Comme nous en avons longuement parlé ensemble, je suis assez d’accord avec toi sur l’abus du terme « jeu », mais je suis aussi d’accord avec Dom Lupercus qui nous parle du « jeu sérieux » de Ciceron…
Nos moments de partage sont très importants et ont des répercutions importante sur toute notre vie, donc ils sont « sérieux », mais ils ne sont pas nécessairement tristes… ni ennuyeux…
Donc, peut être faudrait-il là aussi trouver un mot convenable pour parler de jeu « sérieux », ou un inventer un.
Bergamote83 :
Je ne cherche pas à donner des définitions de tout, mais au minimum à éviter à des gens sincères de se définir en utilisant des mots qui ne leur correspondent pas la moins du monde.
En effet, je ne pense pas qu’on puisse indifféremment utiliser n’importe quel mot.
Il faut un minimum d’accord sur la définition des mots si l’on veut pouvoir se parler de façon constructive.
Vous dites que nous risquons d’être traité de secte, et qu’on se moque de nous dans le milieu BDSM.
Quel milieu BDSM ?
Celui de quelques barons BDSM qui depuis toujours essaient de préserver leur petit pouvoir en revendiquant la connaissance universelle et en utilisant comme seul et unique instrument de mesure, la satisfaction de leur libido personnelle.
Ils sont déjà morts, et ils ne le savent pas encore…
Nous ne sommes pas une secte. Nous n’avons rien d’une secte. Notre structure est fédérale. Mais chacun ici le sait, et n’importe quel crétin qui prendrait la peine de se renseigner un minimum ne proférerait pas une telle absurdité. Nous ne sommes pas non plus un groupuscule néo Nazi, ni une cellule d’extrémistes islamiques, ni un réseau pédophile.
Ceux qui lancent ce genre de rumeur le savent bien, et utilisent sciemment la calomnie et la rumeur publique. Je ne veux plus avoir à nous défendre de telles accusations malveillantes. Elles ne discréditent que celui qui les fait circuler. Il faut traiter ces calomnies par le mépris.
Vous me dites qu’affirmer que la relation D/s est d’essence sexuelle, exclurait ceux qui la pratiquent sans sexe : Il n’en est rien : Lupercus, dans sa réponse, précise, à mon avis à juste titre, que dans le cadre d’une relation D/s non amoureuse, la relation sexuelle imposée ne devient alors qu’une pratique comme les autres, et peut être exclue de la relation D/s sans en modifier la nature.
En ce qui concerne le côté chic, glamour et respectueux de nos rencontres, je pense comme vous qu’il faut le préserver soigneusement, mais aussi veiller avec soin que la forme ne prenne pas le pas sur le fond… Nous n’organisons pas la garden party de l’Élysée… Il doit y avoir un temps pour les échanges intellectuels et pour les petits fours, et un temps pour la nudité, les liens et le fouet.
Vous me dites qu’il serait bon de créer un vade mecum des relations D/s, et vous me citez quelques règles de base. Je pense que ce serait en effet très intéressant, mais je pense que ce serait beaucoup plus périlleux que la tâche basique que j’ai évoquée, et qui soulève pourtant déjà beaucoup de débats…. Nombreux sont les Maîtres qui ont établi les 12 règles de ceci ou de cela… pour un résultat vraiment peu probant… Et comment établir des règles sérieuses sans avoir défini de manière satisfaisante la nature même de la relation qu’on a l’ambition de régir ???
Non, définitivement, nous n’en sommes pas là…
Vous me dites : plutôt que de changer les mots, ou d’en inventer, il suffirait de donner une définition D/s aux noms existants.
En effet, en cuisine un piano n’est pas un instrument de musique…
J’ai deux objections à cet égard :
La première est qu’il convient quand même de ne pas choisir n’importe quel mot. (L’absurdité de « BDSM » devrait rendre ce mot inutilisable)
La seconde est qu’il est important de ne pas choisir des mots trop connotés dans la vie courante ni dont le sens est trop proches du mot d’origine (on n’a pas choisi le mot piano pour désigner un violon…)
Enfin, vous suggérez de multiplier les rencontres dans de beaux endroits, d’ameuter les puristes en une forme de confrérie de façon à conjuguer nos talents, et d’apprendre le parrainage de façon à garantir la qualité des membres… C’est très exactement ce que notre association s’évertue à faire depuis trois ans maintenant…
Maitre Tom :
En effet BDSM vient des États Unis et les initiales utilisées ne désignent pas toutes les mêmes mots en Français et en Anglais : Le mot discipline par exemple n’a pas exactement le même sens dans les deux langues…
Je retiens l’idée du groupe de passionnés de sémantique qui pourrait sans doute arriver à des résultats cohérents…
Et j’aime aussi beaucoup le terme de « féale »…dont le sens passé est suffisamment lointain pour qu’on s’en affranchisse…
Maitresse Ludmila :
Je suis d’accord sur l’idée que chaque relation D/s est unique, et qu’il ne faut chercher à régir ou règlementer ces relations, mais ce n’est pas du tout ce que je tente de faire.
Je ne suis pas du tout d’accord sur le fait qu’il suffise de donner le nom de D/s à une relation pour en faire une relation D/s. Ce n’est pas le grand «n’importe quoi »… Et en refusant de prendre certaines positions claires, on se rend complice de tous les abus.
C’est cette position purement individualiste qui nous a amené dans l’impasse où nous nous trouvons actuellement.
Je suis surpris de cette position de ta part, alors que tu penses par exemple qu’il est indispensable de passer par un phase d’apprentissage approfondi pour pratiquer le shibari…
Pourquoi donc ? Puisque chacun peut pratiquer comme il l’entend ?
Dom Lupercus :
Je suis parfaitement d’accord avec toi sur pratiquement tous les points que tu avances.
Un peu plus optimistes quand à nos chances de succès…
Il ne faut pas perdre de vue le très faible pourcentage de la population concerné…
Les mots se sont installés dans un très petit nombre de têtes aujourd’hui.
Si les nouveaux mots sont plus cohérents et plus élégants que les anciens, il seront adoptés par une partie des pratiquants et par tous les nouveaux venus, et finiront par marginaliser les anciens…
En ce qui concerne les initiales BDSM, je pense qu’on a volontairement choisi des mots qui signifient a peu près n’importe quoi pour désigner justement à peu près n’importe quoi… En fait pour dissimuler une incompétence à synthétiser notre monde… Alors oui, dans ce cas, oui, BDSM est cohérent…
Dominium :
Nous n’avons pas le goût, ni la vocation d’être des censeurs, ni des moralistes.
Mais dois je te rappeler que toi comme moi avons un jour été les « curieux » dont tu parles et que nous avons dû perdre un temps considérable avant de comprendre le mode d’emploi… Et cela, simplement parce que rien n’est fait pour accueillir ces « curieux »
Doigts de Fée :
Je ne pense pas que la question serait de savoir si les relations D/s vont se développer et se démocratiser ou non. Je pense que la question est : Dans le cadre de se développement et de cette démocratisation, est que notre association a la vocation de parler ? Ou de se taire ?
Je crois que le courage et la dignité impose que nous mettions notre expérience collective au service de ces gens qui ne sont ni plus ni moins que nous même, il y a quelques temps…
Je ne dis pas que ce sera facile. Je ne dis pas que ce sera un succès. Je dis que c’est notre devoir.
Je suis d’accord sur le fait que tout le monde n’est pas adaptable à cette fantasmagorie, mais il faut replacer encore ce phénomène dans de justes proportions : Nous ne serons vraisemblablement jamais dans le cadre d’une sexualité de masse… Si le nombre de pratiquant est doublé dans les années à venir, nous serons moins de 10% de la population…
Jakita :
Je peux hélas me classer dans la catégorie des vieux briscards, mais je n’ai jamais pondu de texte sur les 12 règles d’or du Maître ou de la soumise. Et j’ai toujours cherché à encourager les échanges entre tous les pratiquants que je connaissais. J’ai toujours combattu le cloisonnement et toutes les formes d’idées reçues.
On enferme les gens dans des mots quand ces mots ne sont pas appropriés. Et c’est un acte libérateur que d’utiliser le mot juste. Les mots ont leur importance.
Nous ne cherchons pas à imposer quoi que ce soit, et nous aimons la liberté individuelle, mais si nous pouvons parvenir à un consensus collectif, au moins au niveau des mots. Nous commencerons de cette façon à dessiner le contour de notre monde. Et donc par la même occasion à savoir ce qui n’est pas notre monde.
Jamais ce genre de réflexion collective n’a nuit à l’action individuelle.
C’est la mise en commun des visions de chacun, la discussion, les échanges qui permettront de mettre fin à la cacophonie contradictoire des pseudos « experts du BDSM »…
jakita said on
Soumise surement, stupide pas vraiment…
Si je me permets de répondre ma toute petite réponse et participation c’est que mon regard aussi compte dans ce monde, mon ressentis est fait de plusieurs morceaux de vos réponses à tous.
J’ai fait comme beaucoup me coulant dans un Bdsm pure en pensant qu’il y avait qu’un seul chemin, que l’on jouait pas, que les anciens avaient les clés de ce monde, oui 20 ans ou 30 ans c’est sur des Maitres, ils ont le savoir, toi tu comprend rien jakita. Ils peuvent qu’avoir raison les vieux briscards du Bdsm, ce n’est pas un jeu, c’est un art de vivre, et puis c’est comme cela les 12 règles, le contrat, le respect. Stupidité tout cela ce n’est pas en signant un contrat et appliquant 12 règles stupides, ou un collier ou ne portant pas de culotte alors que notre Maitre est à des km de nous que l’on sera soumise et une bonne soumise !
Non il faut évoluer, accepter que les autres soient différents aussi et que si la Domination/soumission s’ouvre à tous, il y aura obligatoirement des changements et que c’est là que nous nous situons pour éviter peut être des catastrophes sur des personnes plus fragiles en restant ce que nous sommes et en expliquant notre vision, mais pas en rejetant les autres car les autres nous rejetteront aussi.
Alors Bdsm, D/s, SM, DD, fessée unique ne sont que des mots, des nomenclatures ou l’on voudrait nous fermer, enfermer les pratiquants. Chacun peut aller puiser dans une discipline ou une autre, ce qu’il fera de lui et de son couple son chemin dans une relation qui a pour but que de sublimer l’autre et non de le détruire.
Maitresse Ludmila dit cela : Pour ma part je suis pour la désacralisation du « BDSM » et pour que chacun pratique/joue/vive comme il/elle/eux l’entend(ent).
Et je la rejoints sur cette idée, car si je n’avais pas réagis, je pense que j’étais en tain de m’enfermer dans une relation qui n’étaient pas faite pour moi en écoutant qu’un son de cloche, une vision, mais ma curiosité a fait que j’ai creusé, creusé tellement que je me suis à un moment perdue, pour me relever encore plus forte pour m’accepter et surtout savoir ou je dois me situer dans ce monde et c’est bien des échanges avec tous ici ou ailleurs novices ou anciens qui ont pu m’aider.
Maître Paul parle de *laissez les autres jouer à leurs jeux* et pourquoi pas les laisser jouer si après tout cela leur apporter du plaisir c’est surtout quand il y aura souffrance sur une personne qu’il y aura un problème et problème il y aura car c’est 70 millions de livres vendus de *50 nuances…* qui va faire ce monde et passer une personne de l’état vanille à une soumise acceptant les coups de cravaches si c’est pas son besoin. Je comprends ce que veut dire Maître Paul et on ne peut pas non plus tout fédérer juste aider quand on a la possibilité dans des rencontres, des soirées de le faire ou même ici sur le site.
*D/s est tout sauf un « jeux » c’est du sérieux*, oui Maître Paul c’est du sérieux pour beaucoup mais il faut aussi du temps pour le comprendre, pour moi c’est du sérieux si et seulement si elle est partagé entre deux personnes dans une discipline de bien être de la personne, dans un comportement, dans une offrande, dans une relation de l’autre, Unique l’un pour l’autre, l’un par l’autre, l’un pour l’autre, c’est bien cela que je défends dans ce monde que je découvre, mais j’accepte l’idée que les autres sont autrement et qu’ils ont besoin de vivre autrement que nous, de jouer, de découvrir, comme vous par exemple ce que vous vivez avec votre esclave, alors que pour moi l’esclavage est quelque chose d’insupportable et me renvoie au passé de notre civilisation, mais je l’accepte de vous par ce que vous pouvez nous apporter sur l’anneau de Justine beaucoup et je pense que vous apportez dans les soirées, rencontres ou vous participez déjà tout cela.
Maître George votre site est à ce jour une ouverture sur le Bdsm, ne le fermez à des personnes qui ne font que jouer en Bdsm ou découvrir, ou chercher une réponse, mais par contre rester vigilant ( comme l’autre jour pour les photos postés qui m’ont fait réagir ), proposer un cadre, un règlement, des discussions, écouter les personnes qui ont aussi très peu d’expérience, elles peuvent apporter aussi une autre vision ici.
Respectueusement jakita
doigtsdefee said on
Bonjour à toute la communauté et merci aux participants de ce post de Monsieur Maître George.
Je suis contrairement à bergamote83 assez novice de cet univers chocolaté qui m’attire comme un papillon est aimanté par la lumière.
Pour autant je la connais bien et nous avons toutes les deux à notre actif la détestable expérience d’un site (dont le contre exemple qu’il constitue n’est pas tabou et illustre même assez concrètement ce dont il conviendrait de se prémunir : bdsm.fr) qui se revendique d’obédience bdsm et qui en adoptant pour philosophie d’hyper vulgariser l’essence même de ce monde peu conventionnel, acceptant à ce titre tout et surtout n’importe quoi sans aucune décence à attendre de la part d’une modération qui soit digne de ce nom, pour engranger des membres iniques à gogo, a perdu son âme dans les limbes d’un TAC (Tamis A Crétins) parfaitement imbitable.
Et pourtant la qualité du référencement de ce nid d’âneries virtuelles est remarquable et lui permets de s’enorgueillir à ce jour de plus de 7000 membres qui doivent subir la pluie et le beau temps d’une vingtaine de paumés ignares connecté en 24/7, déniant au bdsm ses plus élémentaires lettres de noblesse, mais ayant la prétention d’incarner une liberté d’expression stérile (traitant de tout sauf de ce qui est sensée réunir la communauté de part l’intitulé du site) dans laquelle la foire d’empoigne pour ne rien dire est la règle d’or.
Tour ce qui se démocratise anarchiquement se nivelle automatiquement par le bas et je ne cherche pas là à faire l’apologie d’un élitisme artificiel.
Une simple mise en garde sur les dangers d’une trop grande la « révolution culturelle à la MaO Tsérien! »
Il y a des fondamentaux qui structurent ce monde et dont la mise à mal produit l’effet inverse de l’effet recherché laissant penser que la passade bdsm peut indifféremment traverser la queue de cinéma de ceux qui attendent devant la boulangerie du quartier.
Tout le monde n’est pas adaptable à cette fantasmagorie et l’égalitarisme dans ce domaine comme dans d’autres est un fumigène d’intello.
Je rejoins Bergamote83 sur son réalisme de l’emploi des mots qui sont devenus de fait les référents linguistiques et je serais pour ma part plus enclin à en faciliter la compréhension par l’éclaircissement des contours que par l’inadéquation des concepts qu’ils éveillent dans le sens commun à priori.
Par ailleurs je plussoie à la conclusion de Monsieur Dom Lupercus :
» la Domination/Soumission, se résume, pour le monde extérieur, au sado-masochisme hard, auto-destructeur, mortifère, or qu’il est aussi plaisir, quête, recherche de et travail sur soi, sinon une philosophie de l’érotisme appliquée au vivre pleinement (son corps, ses désirs, ses fantasmes) ; un travail pédagogique de fond est à entreprendre. »
La formation aux adultes est un domaine que je connais bien et il elle ne doit être ni simpliste ni austère; en revanche , la formation ne saurait répondre à tous les maux; la qualité d’écoute, la tolérance comme l’envie de comprendre sont des préalables en l’absence desquels il n’est pas besoin d’entreprendre à expliquer quoique ce soit à tout un chacun et à contre courant sauf à s’épuiser pour rien.
Merci à chacun des membres de faire de ce site cet espace dans lequel il fait bon apprendre, partager sur des concepts qui ont un sens sur une échelle de pratiques diverses et inviter des gens qui apprécient pour le moins la qualité des échanges offerts autour d’une complexité érotique tout comme cet ancrage dans la réalité qui anime les groupes segmentés géographiquement.
Bien à Vous tous et au plaisir de vous lire plus avant ayant plus l’expérience de ce qu’il convient d’éviter que de ce qu’il faudrait faire pour étendre la connaissance pertinente de cette philosophie du lien D/s.
Dominium13 said on
le BDSM est victime de son succès….
c’est la même chose pour beaucoup de domaine. à partir du moment ou il a une plus large part d’audience, de nombreu(ses)x curieu(ses)x veulent y gouter. Hélas il y a autant de motivations différentes que de personnes et la plupart n’y viennent que par pure curiosité en se disant « tiens v’la un truc que je ne connais pas » et on retrouve de tout dans le BDSM.
ensuite viennent les senseurs, les moralistes de tout poil qui au non d’une sauvegarde quelconque vont se meler de pourfendre les « déviants ». C’est la vie
Dom Lupercus said on
Cher George,
Quoique je vous aie répondu privément, je le fais publiquement de même, autrement.
Votre volonté de mettre un peu d’ordre, du moins de clarifier le champ d’expression de la Domination/Soumission, est tout à fait louable, et je l’approuve, bien que je craigne d’une part que vous ayez à déplacer des montagnes, ou à combattre des moulins, car on ne réforme point aisément ce qui est ancré dans les esprits depuis un long temps, ni les usages lexicaux bien implantés, encore moins des démarches qui sont autant personnelles qu’uniques, et d’autre part, que vous receviez des avis de toutes sortes et divergents au point d’y perdre un peu votre latin ; à chacun, ai-je pu remarquer, sa conception de la Domination/Soumission, avec cette distinction que j’y apporte : relation D/S, quand il n’y a pas d’amour entre les protagonistes ; union D/S, lorsque amour il y a.
Ce qui vous importe, si je vous lis bien, c’est le regard extérieur, profane, fréquemment et volontiers railleur pour cause d’ignorance, porté sur le choix nôtre de vivre un érotisme teinté de sexualité hors normes, en dehors des lois prétendues naturelles de la procréation, de l’engendrement ou du plaisir immédiat, la jouissance. Et s’il est vrai que le vocabulaire en vigueur dans ce domaine n’est guère attractif (esclave, soumis, torture, sévices, punition, humiliation etc.), dont je suis le premier à pointer le caractère peu engageant, mais, me faisant l’avocat du diable, la sévérité ou la dureté qu’expriment ces mots n’en font-ils point des moteurs d’excitation des sens pour certains ?
Le premier de tous, l’acronyme B.D.S.M., celui supposé recouvrir l’ensemble du champ sémantique des pratiques paraphiliques dans lesquelles nous nous reconnaissons, outre son caractère administratif, froid et dénué de tout érotisme, je suis en accord avec vous, est d’une imprécision dommageable, et à lire les propositions que j’ai pu lire ici ou là, on devrait écrire : B.D.D.S.S.M. : Bondage, Discipline, Domination, Soumissions, Sadisme, Masochisme : ce qui le rendrait ridicule, et notoirement imprononçable. La fin et les moyens, dans cet acronyme, se mêlent ; rhétoriquement : métonymie (le tout pour une partie : domination, soumission), et synecdoque (une partie pour le tout : bondage, discipline, sado-masochise), mélangés, ce qui confirme : un grand flou sémantique. Effectivement, pour plus de clarté, il faudrait retenir le tout pour une partie, le terme D/S (Domination/Soumission), qui est la fin, lequel recouvre toutes les pratiques, assavoir les moyens de parvenir à sa fin (bondage, sado-masochisme, fétichisme…), de plus, il sonne un peu plus élégamment à l’oreille (l’homophonie nous fait entendre « déesse »). Je crois et pense qu’il faille, à travers cette appellation, faire entendre ceci de commun chez tous ceux qui s’y reconnaissent qui est la recherche, la sublimation du désir, le dépassement de soi, de son corps, en quelque sorte être cet autre qui est en soi, et l’assumer pleinement ; une recherche plus ou moins mystique ou ontologique et plus ou moins consciente.
(En revanche, je ne suis point rétif au mot « jeu », en ce qui concerne cette relation/union, n’entendant point cela comme ludisme ou amusement, mais jeu qui peut être sérieux, (le « joca seria » cicéronien, le jeu sérieux), dans le sens de mise en scène d’un acte érotique ou sexuel, susceptibles de faire monter le désir, car n’oublions que la D/S n’est pas synonyme uniquement de rudoiements sévères sur le corps, de coups autrement dit, elle peut être d’ordre psychologique, théâtralisée, et de ce fait, tout aussi intense, et plus encore quand les deux s’entremêlent d’une même couture ; et certes, attacher quelqu’un pour faire l’amour, comme l’enfant cow-boy ligotant l’enfant indien, ça n’est en rien vivre une relation D/S, qui est la décision prise d’un état d’esprit permanent pour ceux qui le vivent au quotidien, en cela, je considère la D/S plutôt ainsi qu’un art de vivre érotique, et non point une pratique sexuelle exclusivement, la différence est de taille, la seconde pouvant être constitutive de la première.)
Oui-vrai, les mots ne sont pas innocents, doivent exprimer au plus près notre pensée, et non point vaguer dans le flou au risque de confusion voire d’ambiguïté sinon d’incompréhension, ou pire, sarcasme (cf. l’émission de France Inter à laquelle vous faites référence), de la part du vulgus, toujours enclin à moquer la différence qui le dérange, et je ne sache pas que les mots Conquis(e) et soumis(e) renvoient au même statut, en ce sens où le premier connote un caractère actif, quand le second, un caractère passif ; or, nous en convenons tous, les dominés ne sont point de la gente passive. Il n’est nullement question de pinailler sur les termes, mais de trouver les mots justes pour établir des définitions et des codes de conduite qui fassent honneur à la D/S, qui interrogent notre propre regard sur nos choix, qui montrent une facette plus accueillante aux gens dits « normaux ». J’ajouterais, les mots justes pour chacun, car le lexique peut différer selon les démarches, c’est un peu le cœur de la problématique que vous soulevez, George ; lequel lexique peut relever de l’excitation des sens (exemple extrême est celle éprouvée par ceux humiliés par quelques mots comme « chien, chienne », « toutou », « catin »…) L’élégance des termes peut être caractéristique d’une recherche érotique, mais point systématiquement ; en cela, entre autres, réside la difficulté d’une clarification. Nous entrons par là dans la complexité de chacune et chacun, car il ne faut nier que la D/S relève d’une complexité affirmée et assumée, voire d’une résistance à l’ordre (érotique et sexuel) établi.
Je lis souvent les mots « respect », « confiance », « attention », « courtoisie », « élégance », et quelques autres mots de même farine, sur les posts de l’Anneau, or, dans la réalité, à ce que je peux en savoir, voilà bien des mots quelque peu galvaudés souventes fois.
J’ai le sentiment que plutôt que légiférer, c’est clarifier, ce à quoi vous aspirez. Cela étant, vouloir légiférer n’est point blâmable, au sens où toute démocratie a ses lois, et un pays sans lois est un pays livré en pâture aux instincts primaires de l’homme. Vous êtes le dirigeant d’une « démocratie », la Communauté du Triskel, et vous éprouvez la nécessité de poser quelques règles en lançant une sorte de référendum à travers votre texte, adressé à ceux qui fréquentent l’Anneau de Justine. Ce sera à vous de faire le tri dans les réponses que vous recevrez, de relever ce qui est commun à la plupart, à partir de quoi, peut-être, créer un groupe de réflexion qui posterait des propositions sur le site de l’Anneau ( en vue d’une charte, à laquelle tout inscrit devra souscrire, ou d’un vade-mecum de l’Anneau de Justine ?) auquel on pourrait se référer, ou non, libre à chacun de choisir ; ainsi par exemple, à l’entrée « Soumis,e », plusieurs propositions peuvent être… soumises : Conquis(e), féal(e), vassal(e), larbin(e) etc.. Si les règles et propositions sont pertinentes, elles s’imposeront d’elles-mêmes, et tout ainsi que des lois, elles peuvent être amendées au fil du temps. Et, voire, établir une arborescence qui aurait le mérite de poser clairement ce dont on parle : D/S amoureuse (union), D/S non amoureuse (relation), physique/psychologique, sexuelle/non sexuelle…, à partir de quoi établir des ramifications, tout ainsi comme un arbre généalogique.
Il me semble, in fine, que c’est une image stéréotypée, qui est à modifier, assavoir que la Domination/Soumission, se résume, pour le monde extérieur, au sado-masochisme hard, auto-destructeur, mortifère, or qu’il est aussi plaisir, quête, recherche de et travail sur soi, sinon une philosophie de l’érotisme appliquée au vivre pleinement (son corps, ses désirs, ses fantasmes) ; un travail pédagogique de fond est à entreprendre.
Le débat s’avère passionnant et ouvert.
Dom Lupercus
maitresseludmila said on
Je pense qu’il ne faut pas etre ni categorique ni elitiste. En effet,le manque de tolerance ou la conviction profonde du type « je suis seul(e) » a detenir la verite absolue mene nulle part.
Il y autant de « BDSM/ D-S / jeux » qu’il y a de gens. Ne pas adherer a la conception des autres est toute a fait honorable mais la critiquer est entrer dans le sectarisme que justement on dit vouloir eviter.
Pour ma part je suis pour la desacralisation du « BDSM » et pour que chacun pratique/joue/vive comme il/elle/eux l’entend(ent).
Severement Votre,
Maitresse Ludmila
Ophrys29 said on
Quelques reflexions etymologiques ….
1) BDSM …………..
BDSM est 1 acronyme … crée , pour unifier et lister les principaux traits du « milieu SM» sans souci apparemment de coherence …puisqu’on y melange des pratiques, des comportements …. Il serait interessant de chercher l’origine précise du sigle …. Qui l’a crée et ds quel contexte …. Pour peut-être mieux le detricoter …. Si besoin est !!
BDSM nous vient tout droit des USA ;;;et n’est apparemment qu’1 traduction d’1 sigle de l’école de San Francisco …. Quid d’1 origine incertaine …. La traduction francophone a-t’elle respecté la lettre des concepteurs du sigle ???
N’oublions pas toutefois que les termes et les mots peuvent devenir des mêmes ….ils vivent leur propre vie et ns transcende largement …bon, le terme BDSM n’est sans doute pas encore devenu 1 même …. On peut donc le changer … il suffit sans doute tout simplement de ne plus l’utiliser …
Pourquoi ne pas innover et creer 1 groupe de travail de passionné(e)s de semantique et de langages ….ce groupe restreint serait chargé de collecter et lister des informations puisées par exemple ds les romans SF , SM etc …ou ds les blogs du net ….et de proposer …
Remarquez bien que ce faisant nous creerions 1 ecole de pensée, n’est-ce pas !!! ce qui n’est en aucune manière liberticide …
2) Soumise // soumis
O29 m’a sussuré à l’oreille « féale …ou feal bien sur »
C’est beau , ça chante ….et ça a 1 coté mediéval …. Qui plonge ses racines ds notre passé ….A noter que le feal medieval etait soumis au roy …evidemment quand la royauté a disparu , feal a changé aussi de signification sans disparaître pour autant …. et est devenu fidèle !! evidemment ce ne sont pas les republicains qui ont facilité sa survie ….
A notre tour redonnons lui un nouveau souffle !!!et un nouveai …. sens !!! ce serait beau ça !!!
Donc, à suivre ….
Bien à vous
Ophrys
bergamote83 said on
Bonsoir à tous,
Petit avis de soumise…
Lorsque j’ai tenté, à travers mes expériences, de mettre des mots sur mes ressentis et impressions puis des définitions sur les dits-mots employés, je me suis faite traitée d’intégriste du BDSM, ou d’ayatollah imposant sa fatwa !
Alors, je salue l’effort de votre part, Maître George, et je reconnais bien là votre dynamisme et votre sens de la mesure, en voulant donner des définitions à « tout », sans vraiment enfermer ce « tout » dans des petites boîtes…mais je ne suis pas persuadée que l’information passe vraiment bien d’une part et qu’elle risque en plus d’écarter certains qui ne se reconnaîtront pas dans les définitions ou termes employés, d’autre part…
Ainsi, et contre votre intention première, nous serions taxés de membres d’une « secte », ce que nous ne sommes pas !
On se ferait moquer du milieu BDSM au lieu d’y conquérir des alliés pour renforcer nos rangs.
Personnellement, et je vais tenter d’être constructive, je suis d’accord sur le fait que le terme BDSM n’est pas adapté à ce que nous partageons en couple D/S.
Sauf que c’est le terme générique qui nous identifie dans notre manière de conduire notre sexualité car c’est bien de cela dont il s’agit, nous sommes bien d’accords là-dessus ! Mais alors, cela reviendrait à dire que nous excluons ceux qui pratiquent la D/S sans sexe ?
Or, aujourd’hui, exclure des membres, c’est se donner moins de chance dans la force de notre union…
Exhiber notre sexualité en public lors de nos réunions ? Avons-nous vraiment besoin de ça ? Avons-nous quelque chose à prouver à quiconque à nos « confrères/sœurs » ? Comment allons-nous gérer le voyeurisme ? et l’exhibitionnisme ? et le célibat ?
Ne pouvons-nous pas garder le côté chic, glamour, respectueux et convivial de nos échanges autour de notre passion sans tous forcément finir à poil, voire mélangés ?
Je ne suis pas pudique et mon fessier exposé chez Maîtresse Cindy sous le fouet de Masterlau lors de la soirée de l’Anneau ne m’a pas « gênée » outre mesure, car il a permis à mon Maître de présenter sa qualité de fouetteur au public. Mais mon Maître aurait-il accepté un rapport sexuel en public ? certainement pas… D’ailleurs la gratification pour ce moment où je lui ai laissé la possibilité de me fouetter ainsi a été discrète et intime…
Il me semble important de rappeler les règles élémentaires de base, la première que ce n’est pas un jeu, la seconde que c’est un rapport consensuel axé autour du plaisir partagé, la troisième qu’il s’agit d’un échange de confiance réciproque… ainsi on définirait des règles plutôt que de pinailler sur des nouveaux termes… (conquise et non soumise ?? un mot pour un autre mais fondamentalement c’est bien du même statut dont on parle… Soumise n’est pas esclave, oui, cela on peut le rappeler, pas dénuée d’intelligence, de liberté de penser ni de s’exprimer… on pourrait faire une définition de la soumise dont on parle dans nos relations D/S, comme on ferait celle du Maître d’ailleurs !).
Certains sites ont mis en place un abécédaire intéressant à consulter, on pourrait faire le nôtre, synthèse des avis de chacun des membres qui souhaitent s’exprimer, mais pour en faire quoi ? une règle figée ? laquelle ne serait pas ratifiée exclurait encore des adeptes ?
J’étais ce WE au Munch des soumises organisé en collaboration avec la BDSM academy lyonnaise, le thème des 50 nuances a été abordé et il a fait sourire ! c’est du pipi de chat cette trilogie (à peine 30 pages réservées au BDSM, d’ailleurs plus dans le SM très soft que dans le B ou le D/S). Sur ces 30 pages, la passion de Mr Grey est asphyxiante et dénuée de plaisir et la réaction de son « plat de nouilles » (qui jouit à tout va et trébuche dans les lanières de son jogging) est la honte !!
Allons voyons, nous n’avons rien à voir avec ces gens et encore moins besoin de nous organiser pour nous préparer à nous y opposer comme en temps de guerre !!
En revanche, profitons de la synergie de votre post pour multiplier les rencontres et effectivement nous trouver des beaux endroits qui nous excitent, plutôt que de nous satisfaire des boîtes échangistes ou SM qui nous concèdent un espace pour nos soirées.
Ameutons les puristes de notre monde en une forme de confrérie de façon à conjuguer nos talents pour savourer la part de mystère de nos relations.
Apprenons le parrainage de façon à garantir la quiétude du site et la qualité des membres.
Rendons le plus actif et mieux structuré, avec pourquoi pas une sorte de « répertoire » où chacun pourrait mettre en lumière ses expériences, ses coordonnées, ses envies, ses attentes, ses spécialités en vue de ces rencontres…
Je ne parle que de ce que je connais et de ce que j’ai vécu ! Je ne dis pas que c’est générique. Je sais que vous saurez extraire le nectar de chacun des témoignages et que celui d’une soumise n’en sera qu’un plus !
Avec tous mes respects amicaux.
Maître Paul said on
Merci Georges pour ce texte qui représente bien les discutions que nous avons en ce moment dans la communauté du triskell.
Je vais me permettre de te rappeler une partie de la discussion, que l’on a eu ensemble durant cet anniversaire.
Il s’agit d’un mot que beaucoup de personnes du monde du D/s utilise pour dire ce qu’ils font.
Ce mot et « Jeux »
« on va jouer dans le donjons »
Comme tu le dis dans ton texte, le jeu, c’est les enfants qui attachent la petite copine pour jouer au cow-boy et aux indiens.
Pour moi de D/s est tout sauf un « jeux » c’est du sérieux.
Quand deux (ou plus) personnes se retrouvent ensemble pour pratiquer leurs passions ils le font sérieusement et avec amour. Quand la soumise reçois le Snack ou le fouet et qu’il y a des marques cela n’est pas un jeu mais, du réel.
Je proposerais plutôt comme terme plus approprier à cela c’est : Partager un moment.
Nos relations D/s sons des partages entre personne durant un certain temps.
Le partage est un échange entre personne consentante dans leurs passions.
Laissons les autres jouer à leurs jeux qui les font croire qu’ils font du BDSM.
Nous, nous partageons des moments intime et instance dans les sensations.
Maître Paul
ErosPower said on
Bonsoir George,
unir est une chose, diriger en est une autre.
J’ai bien peur, mais ce n’est que mon avis que quiconque tentera de diriger prends le risque d’être déçu. Nos façons de vivre nos relations Domination soumission sont bien trop « personnelles » pour être diriger de l’extérieur.
C’est déjà pas facile à diriger de l’intérieur. Vouloir permettre à tous de rejoindre une direction qui nous donnerait la juste attitude, ou tout du moins la définition à respecter de phénomènes aussi complexes, personnels tels que l’amour, la sexualité, le désir de dominer ou de se soumettre me semble, pour ma part, un peu vain.
Même si la tentation de l’universalisme (l’instinct cru du poète) nous étreint toujours lorsque l’on constate que l’union est au rendez vous.
Au risque de me répéter unir n’est pas diriger.
Cela me fait penser au jeune Maitre qui vit depuis trois ans avec sa soumise et qui, satisfait de la situation harmonieuse ainsi créée, se met en quête d’une autre…
Les mots que nous utilisons pour nous définir et définir nos pratiques expriment notre pensée. Vouloir en changer, ou nous ne faire changer, c’est toucher à nos pratiques et à la manière dont on les pense. A ce titre je pense que autant le débat-partage sur les mots est intéressant parce qu’il révèle la variété de penser ce que l’on a choisi de vivre autant vouloir intervenir sur ces mots me semble vain.
Je préfère pour ma part rester sur le terme unir et le terme réunir… Unir, c’est ici sur le site l’anneau de justine, réunir ce sont les soirées que l’anneau initie dans ses différents chapitres grâce à toi et à bien d’autres bien intentionné(e)s.
Et de ceci, une fois que chacun s’en est félicité, il ne faut pas le considérer comme acquis.
Même si le bdsm, nos mots et nos pratiques irriguent aujourd’hui le mainstream ou même si la vision politique et sociologique de ce qui nous occupe est très forte de ce qu’elle dit de notre monde (un clin d’oeil, si tu as 5 minutes http://www.dailymotion.com/video/x11s7e7_georges-zimra-desirs-droits-et-democratie_news ,) mais ce n’est pas le sujet de ma réponse. Non, ce n’est pas le sujet…. Quoique Je préfère rester sur cette notion d’union et de réunion.
1/ ne pas cesser de s’intéresser à l’union sous prétexte qu’elle serait accomplie, l’entretenir sans relâche
2/ s’occuper de la réunion et faire en sorte qu’elle respecte l’union, la serve et permette à chacun de se rencontrer dans une liberté de ton et de respect que l’on connait.
Vouloir faire en sorte que la sexualité sois mise au placard dans une pièce réservée à cet effet, je trouve pour ma part que c’est vouloir diriger. J’aime trop la liberté pour devoir respecter ce qui à mes yeux l’enferme… Et surtout ce n’est pas avec une règle que l’on parvient à ce résultat mais bien plutôt par la nature et la variété des lieux.
J’aime trop le respect pour me plier à une règle dont je ne comprends pas l’intérêt. Liberté, respect, conscience, courtoisie sont les valeurs qui nous réunissent… Cela ne nous évite pas les maladresses et les difficultés, c’est certain, c’est humain, et c’est parce que c’est humain que c’est du respect, de la courtoisie, de la conscience et de la liberté. Oui, aussi vrai qu’il faille des chenilles pour avoir des papillons, nous ne pouvons pas aborder le plaisir de jouer avec les papillons sans nous taper de protéger les plantes des chenilles, mais pas trop non plus si on veut des papillons…
Unir et réunir c’est un job à temps plein un peu comme la prévention, cela ne se voit pas trop et ça laisse la porte ouverte à des maladresses et des difficultés, des incompréhensions… Commencer à réfléchir sur le comment supprimer ces maladresses, difficultés, incompréhensions en édictant des règles du style une pièce pour le sexe, me rappelle furieusement dans quel monde de surveillance nous vivons, de règles et d’assujetissement, de transformation de la pensée par la transformation des mots, un monde efficace où l’on se sent en sécurité. Ah, ce besoin de sécurité qui s’étend, entretenu par la peur et qui détruit toute liberté et tout ce qui va avec forcement.
Ce n’est pas d’une règle dont nous avons besoin, nous n’avons pas peur, nous sommes confiants même. La confiance est le socle de nos relations.
Nous avons besoin d’espace. D’espaces différenciés lors des soirées, des salons, des alcôves, des chambres, des jardins, des donjons, des bibliothèques, des salles de spectacles… Pour ce que nous avons à y faire nous savons très bien où, comment, c’est notre affaire, la grande affaire de nos libertés confiantes réunis. Alors oui, nos soirée sont des lieux avant toute autre chose.
Alors oui évidemment cela ne sera jamais parfait et cela restera à jamais perfectible. Je sais dans le monde de performance, d’efficacité dont on nous rabâche les oreilles depuis l’école c’est presque insupportable… Mais pour moi cela me convient… Cela reste perfectible, d’une soirée sur l’autre cela s’améliore, se teste, se rate, se refait, se rate à nouveau, s’enchante, se réjouit….
Se réunit et c’est l’essentiel selon moi.
Que l’on témoigne chacun sur ce qui nous a plu et nous à moins plu lors de tel ou telle soirée me semblerait une flamme à entretenir. Mieux que de chercher à définir des mots et des règles qui voudraient en les soumise ou soumis ne puissent être nues que ici ou là, que le bdsm ce sont des coups et pas des orgasmes, que ceci en est et pas cela et que si c’est fait comme çi ou comme ça…
Certes cela semble moins « efficace » d’entretenir une flamme plutôt que de croire qu’en proposant de nouveaux mots ou de nouvelles règles un pas sera franchi…
Cela semble… Uniquement, parce que selon moi, ce qui fait le bonheur des hommes et des femmes c’est la durée et la constance, plus que les coups d’éclats…
Unir, faire vivre le site, réunir, animer le réseau, participer aux soirées et faire en sorte que l’on puissent encore mieux en parler ici une fois qu’elles se sont déroulées me semble la chose la plus délicate et forte pour servir la passion de nos relations diverses et variées.
Voilà, vite fait.
Amicalement
EP