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Le destin de Cassandre Chapitre XX

in Le destin de Cassandre, Littérature

Chapitre XX

Demain, nous débarquons enfin ! Ces derniers jours ont été très pénibles. Lili et Clarisse se sont encore rapprochées l’une de l’autre et Thomas fait parfaitement la femme pour Karim. Je devrais être heureuse et pourtant, je ne le suis pas. J’ai honte à me l’avouer, mais les sévices me manquent ! Je voudrais pouvoir encore ressentir la jouissance quand mon corps est maltraité.

Je pensais que le confinement dans le navire me permettrait de reprendre mes esprits mais c’est tout le contraire, chaque jour qui passe me conforte dans l’idée que mon enlèvement a corrompu mon entendement. Il ne peut en être autrement ! La normalité n’est pas le plaisir dans la souffrance ! Pourtant il semblerait que je ne sois pas la seule, je vois bien le bonheur de Clarisse et de Thomas lorsqu’ils sont maltraités et utilisés tels des jouets sexuels. La petite est folle de bonheur quand Lili lui flatte la joue après lui avoir asséné plusieurs claques à toute volée et ce sans raison si ce n’est son désir d’être cruelle. Je crois malgré tout qu’elle est très attachée à Clarisse et ne dit-on pas ? ’‘Qui aime bien châtie bien’’

Dieu ! J’ai envie d’un sexe dans mon vagin, de jouir de la brûlure d’un pieu dans mes reins…j’ai trouvé un pied de chandelier avec lequel je me soulage lorsque l’envie est trop forte comme maintenant.

J’ai trouvé un recoin du bateau pour m’adonner à mes plaisirs coupables. D’une main je commence à caresser mes seins – ils ont pris de l’ampleur depuis mon départ – je presse les pointes entre mes doigts et griffe légèrement l’extrémité pour en augmenter la sensibilité. Depuis peu, je les entoure d’une cordelette que je serre plus ou moins fort au gré de mes pulsions et de ma résistance à la douleur qui ne manque pas d’arriver après un certain temps de ce traitement. Ils changent de couleur, deviennent violacés et très sensibles, le moindre frottement me fait faire un bond, mais que c’est délicieux ! Lorsque je n’en peux plus de désir, le pied froid du chandelier m’apaise pour un temps, je fais coulisser ce bout de métal dans mon con, la rugosité des ciselures provoquent d’agréables sensations et il se réchauffe au contact de mes chaires brulantes au fur et à mesure que j’augmente la cadence des allers-retours ! Mais, je n’atteins jamais la jouissance que j’ai connue sous les coups de Mustafa III…

J’en suis au point que l’envie de provoquer Abdul m’a plusieurs fois traversé l’esprit ! Redécouvrir la morsure du fouet sur ma peau ou le claquement de ses paumes sur mes fesses. Je me suis pourtant refreinée, il suffit que je touche la bague que le Sultan a passé à mon annulaire pour que je me souvienne de la sentence que je subirai si je le trompe sans raison !

La veille de notre départ, il m’a donné un anneau en m’assurant que ce serait un gage de ma fidélité de ne pas l’enlever, que de toutes les façons il saurait si je manquais à la parole donnée. Il s’agit de 7 anneaux imbriqués les uns dans les autres qui se déboitent si on retire l’anneau et l’infortunée qui ne peut plus les remettre en ordre doit avouer son infidélité. J’avais eu vent de cette coutume qui date de l’époque de Soliman le magnifique mais je pensais que c’était une légende ! Je crois qu’il savait pouvoir compter sur moi, il a su déceler cet orgueil de ne pas faillir qui m’anime quelque soit la dureté de l’épreuve subie. Je suis d’ailleurs persuadée qu’à cause ou grâce à ça je suis sur le point de revoir ma patrie, il sait que j’aurais à cœur de réussir ma mission.

J’aperçois les cotes françaises et la multitude de voiles des bateaux de pêche qui encombrent le port de Marseille, je n’ai jamais autant eu hâte de mettre pied à terre ! Accoudée au bastingage, je me repais de cette vision ! La France, enfin ! Abdul m’a informée que nous devions loger chez un ami du Sultan avant de prendre la route de l’Isle-sur-Orgue. Nous devons y rencontrer un abbé qui pourra me donner une lettre d’introduction auprès du Prince de Condé si je sais l’amadouer comme il se doit, espérons qu’elle me sera d’une quelconque utilité à Paris. Pour l’heure il me tarde de fouler le plancher des vaches ! Lili et sa compagne m’ont rejoint, après de multiples atermoiements la duègne de Clarisse a accepté que Lili l’accompagne jusqu’au couvent, j’espère qu’elle pourra s’y retirer elle aussi. Je l’imagine tout à fait régentant une nuée de jeunes filles en fleur ! Clarisse est désormais totalement soumise aux désirs Lili, j’en veux pour preuve le petit lien de cuir qui orne son cou. Lili y attache régulièrement un joli ruban qui sert de laisse et la promène ainsi sur le pont comme on promène sa chienne ! Aujourd’hui encore, la laisse est accrochée mais elle l’a glissée dans la manche pour un peu plus de décence.

Les rues de Marseille grouillent de turbans, j’ai l’impression d’être encore dans l’Empire !

« Ce ne sont que des marchands ! Ils ne peuvent en rien servir les intérêts du Sultan »

Abdul, vient de répondre à mon interrogation muette. Je me tourne vers lui, il est toujours aussi sévère et mal aimable mais je dois m’en contenter puisqu’il doit assurer ma protection et me surveiller pendant tout mon périple en France.

« Où logerons-nous avant le départ ? Sais-tu où trouver de quoi me vêtir, ici ? »

« Un contact du Sultan doit nous accueillir dès notre arrivée à terre et nous mener chez une logeuse. Pour tes vêtements la femme te fournira les adresses. D’ailleurs je le vois, à ta droite sur le quai, l’homme au turban bleu…»

J’aperçois, en effet, un grand échalas qui se dirige vers nous à grands pas, au moment même où nous touchons terre. Décidément, le Sultan ne laisse rien au hasard ! Outre le turban, le caftan qui cache ses pantalons ne laisse planer aucun doute sur ses origines. Il entame directement un long dialogue avec Abdul. Je les laisse et me tourne vers Lili qui vient me saluer. Nos routes se séparent ici.

« Prends soin de toi Lili et ne maltraite pas trop Clarisse si tu la brise tu n’auras plus personne pour jouer ! »

Elle a souri et comme pour me contredire, je vois sa main se refermer durement sur le bras de la petite et les larmes monter dans les yeux de Clarisse.

« Que dit-on, petite chienne ? »

« Merci…Merci Mademoiselle… »

Eh bien ces deux là se sont vraiment trouvées ! Je les retrouverai peut-être à Paris quoique il me semble bien improbable que ma mission me conduise dans un couvent ! Bien, Abdul me fait signe, nous allons nous mettre en route vers notre logement, j’espère pouvoir profiter d’un bon bain pour retirer toute la crasse accumulée lors de la traversée, l’eau de mer n’est vraiment pas faite pour se laver !

Nous suivons l’homme au turban le long de grandes artères bordées de commerces de luxe, il y a même des trottoirs de briques pour que les piétons qui évitent les charrettes, chaises à porteurs et calèches qui encombrent les rues.

« Tu auras toute la semaine pour faire des emplettes et te rendre digne pour paraître à la cour. »

Abdul a suivi mon regard attiré par les vitrines des échoppes, au moins maintenant je sais que nous allons rester quelques jours ici, un peu de répit avant de reprendre la route vers la capitale ne saurait me déplaire.

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