Le Destin de Cassandre – Chapitre XIV – Par Nuage
in Art, Le destin de Cassandre, Littérature
Chapitre XIV
Je suis devenue une élève assidue des cours d’Ahmet, le chef des eunuques. C’est un homme étonnant, d’une grande sévérité mais aussi profondément juste. Il prend toujours le temps d’expliquer ses décisions lorsqu’il fait punir une élève. Hier, j’ai du rester 2 heures au coin, agenouillée, les mains sur la tête, j’avais omis d’apprendre une leçon sur les postures à prendre en présence du Sultan. Ahmet m’a alors expliqué qu’il me punissait pour qu’à l’avenir je fasse attention et qu’il était indispensable de tout connaître pour ne pas finir bannie aux cuisines ou pire. Au bout des deux heures, j’ai cru ne jamais pouvoir me relever mais je ne voulais pas paraître faible devant les autres alors je me suis mise debout en serrant les dents faisant fi de la douleur. Je suis malgré tout heureuse cela aurait pu être pire, certaines d’entre nous doivent subir la badine et Ahmet ne freine pas sa force. Outre ses cours, je m’exerce à la danse du ventre, tous les soirs devant la Bas Kadin Efendi qui apprécie mes efforts et me récompense avec de menus cadeaux, j’ai ainsi pu étoffer ma garde robe et je commence à avoir quelques bracelets qui sont du plus bel effet lorsque je danse. Elle aime mes caresses et je m’applique à la contenter pour qu’elle me présente enfin le Sultan. J’ai réussi à l’entrevoir lors d’un de ses passages au harem, je me suis cachée derrière un paravent. Il est laid, bedonnant et m’a paru très indécis. Il s’est interrogé pendant de longues minutes avant de choisir une fille pour la nuit alors qu’elles étaient si différentes les unes des autres. Après qu’il fut reparti, les laissées pour compte se sont toutes mises à pleurer, je me suis bien demandée pourquoi, il n’a vraiment rien d’attirant ! Naïma m’a donné la réponse quelques heures plus tard ; elles sont bannies du harem et vont finir sur le marché aux esclaves, vendues, comme je l’ai été. Il faudra que je sois parfaite, le jour de la présentation ! Je savais déjà qu’il serait indispensable de lui plaire physiquement mais maintenant je me rends compte que toutes les leçons apprises ne seront pas de trop.
J’ai profité des bonnes grâces de la Bas Kadin Efendi : ma tourmenteuse Selima a été convoquée ce matin par le Vizir. J’avais glissé dans un souffle que cette femme prenait plaisir à me faire subir des sévices et qu’elle monnayait à quelques eunuques ses formes malingres. La rumeur dit qu’elle doit être punie publiquement demain matin dans la salle aux fontaines, je vais me faire un plaisir d’y assister ! Je ne suis pas d’un naturel méchant mais je n’en pouvais plus de ses coups sans la moindre raison, juste pour avoir le plaisir de m’entendre crier ! Et voilà, je deviens aussi mesquine que toutes mes consœurs, je suis heureuse à chaque départ de l’une d’elles, j’ai ainsi plus de chances de plaire au Sultan ! Pour l’heure je vais tenter de me reposer et être fraîche et dispose pour assister à la punition de Selima.
Ce matin, le harem fourmille de murmures, je me dirige vers les appartements de la Bas Kadin Efendi, suivant une foule de femmes et d’enfants qui vont en direction de la salle aux fontaines, il parait évident que la déchéance des unes fait le bonheur des autres. A l’approche des appartements, je dois même jouer des coudes pour me frayer un chemin, ils vont voir la punie comme ils vont au spectacle !
« Myna, enfin te voilà ! Viens m’aider je veux mettre mes plus beaux bijoux, je sais que le Sultan sera là ! »
Je ne l’avais jamais vu dans un tel état, elle est excitée au possible comme une gamine devant un jouet. Elle me présente un coffret rempli de chaines de cou, de bracelets, de bagues, tout est magnifiquement travaillé et la grosseur des pierres enchâssées me laisse rêveuse, il y a notamment un lourd collier avec un saphir de la taille d’un œuf de pigeon serti d’une dentelle d’or qui me fascine. Je le lui tends ainsi que le bracelet et les pendants d’oreilles assortis.
« Ceci vous mettra en valeur Maîtresse !»
« Tu as raison, viens ici que je t’embrasse ! Je crois que tu es prête ! C’est sans doute une des dernières fois que je te serre contre moi, je vais te présenter à lui d’ici peu et ainsi conforter ma position bien que je rechigne à te laisser partir ! Je n’avais jamais rencontré de douceur comme toi ! J’aurais bien des difficultés à te remplacer ! »
« Maîtresse ? Vous oubliez Naïma c’est une jeune femme très douce qui saura vous faire autant de bien que moi ! »
« Cette esclave noire qui te suis chaque soir ? Oui peut-être ? »
« Elle saura vous servir comme vous aimez, je puis vous l’assurer. »
« Bien cela suffit ! Allons voir comment Selima supporte sa punition ! »
La salle des diversions est une pièce réservée aux divertissements de la famille d’ordinaire mais aujourd’hui il y règne un grand désordre, les femmes et les enfants papotent, les eunuques qui ne sont pas de garde sont là, tous attendent la venue du Sultan, la nouvelle s’est répandue très vite dans les couloirs et les ruelles du harem.
La Bas Kadin Efendi s’est assise sur la droite du trône me faisant signe de me positionner à ses genoux, dès son arrivée le brouhaha s’est calmé, l’attente ne devrait pas être longue. Selima est au milieu de la pièce maintenue par deux gardes, elle est nue et porte le collier et les lourds bracelets des esclaves signes de son déshonneur. Je ne peux m’empêcher de ressentir un sentiment de culpabilité, c’est à cause de moi qu’elle se retrouve ici pour subir un châtiment que je devine cruel mais j’éprouve aussi de la joie de la voir ainsi, petite chose sans défense à la merci de tous comme elle a pu me le faire sentir bien des fois. Un mouvement sur la droite me fait tourner la tête, le Sultan fait son entrée. Je le vois correctement pour la première fois mais mon souvenir ne m’a pas fait défaut, il est laid et rondelet, court sur pattes, mais il me faudra bien m’en accommoder. Mustafa III est accompagné de ses suivants, qui se tiennent derrière le trône attendant un signe de lui pour s’asseoir. Le sultan est coiffé d’un énorme turban blanc, surmonté d’une sorte de houppette ridicule, on dirait une énorme meringue posée sur sa tête. Il s’est enfin assis et un eunuque vient lui apporter un parchemin : surement le récit des méfaits de Selima.
« Après lecture, nous ne pouvons que déclarer Selima coupable, la sentence est immédiate. Selima, nous ordonnons que tu sois punie par où tu as désobéi à la loi ! »
Les deux gardes qui maintiennent Selima, l’obligent à s’agenouiller puis la poussent en avant, elle est à quatre pattes maintenant, elle pleure sans bruit. Le chef des eunuques s’est approché muni d’un énorme rondin d’ébène, le diamètre est impressionnant, 8cm pour le moins, je n’ose imaginer ce qu’elle va devoir endurer, je détourne un instant le regard et suis la métamorphose qui s’opère sur le visage du Sultan ; sa mine sévère est maintenant enjouée, son regard brille de plaisir contenu, je le crois à la limite de taper dans les mains à la vue du supplice infligé à Selima. Ahmet a entrepris d’insérer le mandrin dans le cul de ma tourmenteuse, sans discontinuer il enfonce toujours un peu plus loin le pieu d’ébène et depuis les cris de Selima ne cessent de grimper dans les aigus, sans pouvoir bouger elle subit l’écartèlement de son fondement devant tout l’assemblée réunie, elle qui prenait un malin plaisir à me torturer n’est plus qu’une petite chose qui réclame la clémence de son bourreau. Pourtant, je l’envierai presque, de la voir ainsi, mon sexe s’émeut, je sens poindre les prémices du désir et la liqueur de mon vagin qui humidifie mes lèvres.
Le Sultan, s’est retourné dans ma direction, un grand sourire illumine son visage, la Bas Kadin Efendi me pousse légèrement signe que je dois m’avancer vers lui. A quatre pattes, je me dirige vers le trône : je n’aurais pas de seconde chance, il me faut lui plaire aujourd’hui ou bien me résigner à finir mes jours dans les cuisines, voir être revendue !
Je suis arrivée au pied du trône, je m’allonge sur le sol et rampe vers lui pour embrasser ses babouches, bras et jambes ouvertes je ne cesse de passer de l’une à l’autre, dans une totale posture de soumission.
« Ma chère, cette petite est comme vous me l’aviez décrite. Nous allons la garder près de nous quelques temps, parfaire son éducation de chienne infidèle et profiter pleinement de ses atours. Quand à cette chose immonde qui gémit, Ahmet jette la donc aux chiens errants ils sauront qu’en faire ! »
Je n’en crois pas mes oreilles, d’une simple punition il vient de faire une mise à mort ! A l’avenir je saurais m’en souvenir, chaque mot, chaque geste que je vais faire peut me valoir la peine capitale sans espoir qu’il puisse avoir la moindre pitié.
« Ahmet, tu amèneras la donzelle dans mes appartements ce soir ! »
Leave a reply
You must be logged in to post a comment.