Le destin de Cassandre – Chapitre VII

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Chapitre VII

Salma vient régulièrement à la maison, elle m’apprend le maure et nous allons souvent au marché pour que je puisse m’essayer à parler avec les autochtones. Je sais que le Baron n’est pas aussi bien vu que le pensait Marie et le Sultan le reçoit rarement, je peux peut-être en profiter. Je vais lui proposer d’aller voir le Sultan pour lui donner du plaisir, contre ma liberté. Le Baron me demande de plus en plus souvent, je crois qu’il m’aime bien même s’il ne le montre pas. Ce soir lorsque je serais sur lui, empalée sur son sexe, je lui en parlerai.

« Vous me dites souvent que je suis la plus jolie fille que vous ayez jamais rencontré, et vous dites aussi que personne ne vous a jamais fait jouir aussi bien que moi. Je suis sûre que si vous me permettiez de passer un moment avec votre Sultan, je lui laisserai un si joli souvenir qu’il vous recevra à chaque fois que vous lui demanderez une audience ! »

« Ah ! Charmante Cassandre ! Tu es vraiment très naïve ! Sais-tu que le Sultan à tellement de femmes et de favorites que personne n’en connaît le nombre ! Il paraît qu’elles sont toutes plus belles les unes que les autres et expertes en amour : Elles n’ont rien d’autre à faire dans le harem que de veiller à être belles et à attendre le bon vouloir du Sultan. Si l’une d’entre elles vient à ne pas le satisfaire complètement, il la fait décapiter sur le champ et personne n’y trouve rien à redire. L’empire Ottoman est l’empire de l’amour, et le Sultan, l’homme le plus difficile à satisfaire au monde ! »

« Je ne le connais pas, mais c’est un homme et je connais les hommes ! »

« Tu crois connaître les hommes !… »

Le Baron n’a pas donné suite à notre conversation mais je ne sais pourquoi, je pense que bientôt il fera ce que je lui ai dit, il me garde près de lui, se sert de moi comme jamais, matin, midi et soir je lui offre mon cul, ma bouche il ne semble pas se rassasier de moi et il me reste très peu de temps à consacrer à Salma et Marie.

Le Baron n’est plus le même depuis qu’il a reçu cette maudite missive de la cour de France, j’ai pu la lire, il l’avait oublié sur son bureau – la tête ailleurs – chose qu’il ne fait jamais. D’ordinaire, tout son courrier est rangé soigneusement dans le tiroir de son bureau, bien à l’abri des regards curieux, il en garde la clef accrochée sur une chaîne d’or autour de son cou et il ne la quitte jamais.

Le message est signé d’un certain Etienne François Duc de Choiseul, le nouveau ministre des affaires étrangères; il doit tout mettre en œuvre pour supplanter les anglais auprès du Sultan sous peine d’être démis de ses fonctions officielles avec confiscations de ses biens en France en remboursement des frais engagés depuis le début de sa mission sur le territoire ottoman, la menace d’un emprisonnement en cas d’échec est à peine voilée.

Je crois qu’il a en tête ma suggestion d’il y a quelques mois mais qu’il hésite de peur de me perdre, sans qu’il me l’ait dit ou montré je sais qu’il m’aime. Hier, il a demandé une audience spéciale au grand Vizir Roja Raghib et sera reçu en fin d’après-midi. Je pressens la fin de mon séjour chez lui, il ne me manquera pas mais il me sera plus difficile de laisser mes amies Marie et Salma, nos conversations et nos jeux au lit me feront défaut. Dans tous les cas, il faut que j’arrive à convaincre le Sultan de me rendre ma liberté, je veux retrouver ma famille et mon Chevalier ; s’il ne m’a pas oublié !

Je suis assise sur les genoux du Baron, nue, il m’a fait mander dès son retour à la maison et a ordonné que l’on ne le dérange point. Sa main flatte doucement la courbe de mon sein, il est plongé dans ses pensées depuis un moment, il semble éprouver quelques difficultés à me raconter son entrevue, j’attends patiemment qu’il se décide à parler – j’ai appris à me taire – les nouvelles sont sans doute peu réjouissantes.

« Cassandre, tu m’as suggéré de t’offrir au Sultan pour promouvoir ma carrière, il a accepté et t’attends au palais dans une semaine. Je t’aime… je n’aurais jamais fait cela si je n’avais été contraint et forcé par le ministre Choiseul de conforter de façon spectaculaire et rapide ma situation auprès du Sultan. Tu es maintenant ma seule chance d’échapper au déshonneur et à la prison. J’aurais aimé te garder le restant de mes jours à mes côtés mais cela est impossible ! Tu vas bientôt devenir l’une des femmes du harem du Sultan et je ne te reverrai probablement plus jamais ! Je dois te remettre entre les mains du terrible Vizir Roja Raghib. Je t’en supplie, Cassandre, sois d’une obéissance, d’une soumission et d’une humilité de tous les instants. Il guettera la moindre de tes fautes et utilisera ce prétexte pour te punir cruellement. Ne lui donne aucune occasion de te faire mal ! Promets-moi de faire de ton mieux par amour pour moi ! »

Comme si l’amour avait quoi que ce soit à voir là dedans ! Il m’aime, c’est entendu, mais moi non ! Je vais lui faire le serment qu’il me demande mais uniquement pour moi, je ne tiens pas à déplaire au Sultan, il faut au contraire que je lui plaise au point qu’il me rende ma liberté pour me rendre heureuse. Grâce à Salma, j’ai appris beaucoup sur les mœurs des maures, je pourrai ainsi ne pas commettre trop d’erreurs.

La semaine est passée à une vitesse folle, le Baron s’est comporté avec moi comme un amoureux désespéré mais cela ne l’a pas freiné dans ses ardeurs et mon cul n’a jamais autant servi à son plaisir, cet homme est une contradiction vivante, d’un coté il dit qu’il m’aime et de l’autre il m’encule comme une putain au fond d’un bouge ! Ce matin, encore, il m’a longuement besogné avant que Marie n’arrive pour me vêtir, j’ai senti son sperme couler le long de mes cuisses pour la dernière fois, du moins je l’espère !

La robe que je dois porter est de toute beauté, Salma est certaine qu’elle vient des couturiers du harem, elle a rencontré, par le passé, des Hasekis vêtues de même. Le tissu soyeux caresse ma peau nue, je me sens belle. Marie met la touche finale à ma coiffure pendant que Salma me maquille, elles pleurent toutes les deux de me voir partir, moi aussi je suis triste de les quitter. Je prends le visage de Marie entre mes mains et l’embrasse à pleine bouche, sa douceur et sa joie de vivre vont me manquer quant à Salma puisqu’elle est maure, j’aurais peut-être une chance de la revoir même si j’en doute, car j’espère bien ne pas rester trop longtemps près du Sultan.

Nous sommes arrivés au palais, le Baron est en tenue d’apparat, ses yeux brillent de larmes contenues et c’est avec une voix éraillée par l’émotion qu’il me fait ses dernières recommandations :

« Surtout pas un seul mot ! Parle uniquement s’il en exprime le souhait ! Ne t’avise surtout pas de prendre la parole, il considèrerait cela comme une insulte et t’en punirait immédiatement ! Garde également les yeux rivés au sol dès que nous aurons franchi cette porte ! N’essaie surtout pas de le regarder, même un petit instant ! C’est interdit! Tu me suivras sans lever les yeux et lorsque je t’indiquerai un endroit précis au sol, tu t’agenouilleras le regard toujours dirigé vers le sol ! Si le Vizir s’approche de toi, tu embrasseras ses babouches. Surtout, ne provoques pas sa colère, je t’en supplie ! Je te souhaite d’avoir beaucoup de courage et je veux que tu saches que je t’aime, même si le destin cruel m’oblige à te laisser entre les mains de ces sauvages. »

Je me rends compte, maintenant, que ma liberté sera plus difficile à gagner que je ne la pensais si ce que me dit le Baron est vrai, je n’en ai pas fini avec la soumission. Mais je saurai être forte, il le faut !

Je le suis tête baissée et m’agenouille dès qu’il m’en fait le signe, je ne vois que le sol constitué d’une multitude de petits carreaux formant des dessins géométriques. Il fait ses politesses Vizir et pour l’instant, aucune babouche en vue. Le Vizir lui répond d’un ton froid frisant l’insulte mais le Baron ne bronche pas et me présente.

«  Vous pouvez constater par vous-même que je ne vous avais pas menti au sujet de la beauté de Cassandre. Qu’en dites-vous ? ».

«  Mon avis importe peu en l’occurrence, mais je vous remercie de votre visite. Je vous tiendrai sans doute au courant de l’évolution de sa situation. Au plaisir de vous revoir ! »

J’ai peur, la voix de cet homme me glace les sangs, elle parait dénuée de toute émotion et je suis seule face à lui, j’ai entendu le Baron reculer et la porte se refermer. Surtout ne pas bouger, ne pas montrer mon appréhension, ne pas lui donner la moindre envie de me renvoyer, il faut que je vois le Sultan, c’est sur lui que repose tout mon plan.

«  Pour qui se prend le petit Baron Français ! Tu es peut être belle aux yeux d’un européen, mais je veux que tu saches que tu n’as aucun charme aux miens ! Tu as les hanches étroites d’un garçon, tu as un teint cadavérique, et je sens d’ici, sous ton parfum vulgaire, la puanteur des femmes blanches. De plus, tu n’es qu’une infidèle et une esclave ! Tu portes un costume digne d’une Haseki, alors qu’à mes yeux, tu n’es qu’une truie ! Je crois que le petit Baron a oublié de t’apprendre qui tu es vraiment. Tant que tu ne sauras pas qui tu es réellement, je ne pourrai même pas songer à te présenter au Sultan. Je vais d’abord faire disparaître de toi toute trace de cet orgueil de femme blanche qui t’empêche de te rendre compte de ta valeur réelle, et seulement alors, je pourrai entreprendre ton dressage. Tu ne reparaîtras devant mes yeux que lorsque tu auras accepté le fait que tu n’es qu’une truie. En attendant, tu vas immédiatement ôter ce déguisement et te mettre nue. C’est la seule tenue que tu mérites. De plus, je veux que notre médecin t’examine pour confirmer ta virginité. Si le Baron m’a trompé à ce sujet, je te ferai égorger par mon domestique dans l’heure, et ton cher Maître finira ses jours aux galères. »

Je tremble, je ne peux pas m’en empêcher, mes doigts ont du mal a retirer la robe que Marie et Salma ont eu tant de bonheur à me mettre, cet homme est fou à n’en pas douter. Je garde les yeux fixés sur le sol, nue, j’attends. Trois paires de babouches entrent dans mon champs de vision, c’est surement le médecin et ses assistants, l’un deux me prend le bras et me pousse vers une table dans un coin de la pièce, mon examen avec le médecin du Baron remonte dans mes pensées, celui-ci profitera-t-il aussi de mes reins ? L’un de ses assistants maintient mes bras en arrière et l’autre écarte mes jambes, je suis exposée comme une marchandise sur un étal de marché mais malgré ma honte, le désir d’être prise monte dans mon sexe offert à la vue de tous, le regard du Vizir y est sans doute pour beaucoup, je peux le voir d’où je suis. Il a un visage halé, buriné et des yeux très clairs – ce qui m’étonne – qui reflètent une autorité naturelle, une grande virilité et une énergie hors du commun, mes rêves sont peuplés de ce genre d’homme. Contrairement à l’autre médecin, celui-ci est doux, ses mains examinent mon corps avec délicatesse, je dois me retenir pour ne pas soupirer lorsqu’il termine son examen, j’aurais aimé qu’il continue ses attouchements. Le Vizir s’approche, j’ai oublié de baisser les yeux, j’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur.

« Tu vas fermer les yeux ! Je ne veux pas que tu me regardes ! Tu es vierge, très bien, je vais faire en sorte que tu le restes jusqu’à ce que tu sois présentée au Sultan. »

Je ne comprends pas, les assistants ont entreprit de m’attacher à la table, ce n’est pourtant pas nécessaire pour me mettre une ceinture chasteté. J’ai entrouvert les yeux – personne ne me prête plus attention depuis que je suis ligotée sur la table – ainsi, je peux voir entrer deux femmes. Toutes deux sont très jeunes, à peine plus âgées que moi, mais l’une est habillée richement et donne des ordres pendant que l’autre est nue et obéit. La fille nue est une noire d’une beauté incomparable, très mince et pourtant tout en courbes, elle a le visage enchanteur des esclaves Ashantis que j’ai vu sur le marché, sur ordre de l’autre elle me caresse. Ses gestes sont doux, instinctivement je tends mon bassin vers ses mains, elle sait où me toucher et sans nul doute est une experte dans les choses de l’amour. J’aimerais que sa bouche embrasse mon sexe, elle a du le comprendre car sa langue joue avec mon clitoris, elle le prend entre ses lèvres pour le suçoter, ses doigts caressant l’entrée de mon vagin sans jamais s’y enfoncer. Je vais jouir !

Je hurle, tout à mon plaisir je n’ai pas vu qu’elle a prit une aiguille, elle vient de transpercer une de mes grandes lèvres, je commence à comprendre ! Elle va coudre mon sexe ! Ce sont des monstres : qui peut vouloir faire ça à un être humain ! Elle perce mon autre lèvre, je tente de me défaire de mes liens pour me soustraire à cette douleur atroce mais ils m’ont si bien attachée que je ne bouge pas d’un pouce, le fil passe par les trous qu’elle vient de faire dans mon sexe et la brûlure est infernale lorsqu’il glisse à l’intérieur de mes chairs meurtries. Je perçois le départ de tous les autres, mes cris les font fuir, ils n’ont même pas le courage d’assister à la torture qu’ils m’imposent ! Mes plaintes et mes pleurs ne semblent pas indisposer la belle noire, elle continue son travail, piquant et repiquant sans répit dans mes lèvres sanguinolantes.

«  Pourquoi…me fais-tu ça ?… Qu’ai-je… fait ? »

« Parce que ce sont les ordres du Vizir ! Je dois te coudre, et j’essaie de te faire le moins mal possible. Tu devrais essayer de moins remuer, c’est ce qu’il y a de mieux pour toi ! »

« Mais pourquoi dois-tu me coudre ? »

« Sans doute pour protéger ta virginité ! Mais je n’ai pas le droit de te parler. Si on me surprend, je serai punie sévèrement et pour le moins fouettée ! »

Je n’en peux plus, combien de temps encore va-t-elle me torturer ? J’ai l’impression que mon cœur bat entre mes jambes, c’est insupportable.

«  Voilà c’est fini. Ne bouge pas, je vais te nettoyer. »

Elle a chuchoté à mon oreille de peur sans doute d’être surprise à parler, elle m’embrasse doucement dans le cou pour m’apaiser puis lèche mon sexe cousu, sa langue est douce sur mes blessures et peu à peu la douleur se fait moins intense.

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