Débat au sujet d’une lettre anonyme

in News

J’ai reçu il y a une quinzaine de jours, une lettre anonyme assez étrange.

J’ai déjà reçu des lettres anonymes. En général ce sont des lettres d’insultes ou de menaces, venant de personnes haineuses.

Celle-ci dit dans son texte qu’elle vient d’un de mes amis, et qu’elle est écrite en quelque sorte pour mon bien…

De plus, elle n’est pas tout a fait anonyme, puisqu’elle est signée de façon manuscrite, mais il s’agit d’une signature illisible…

 

Voici le texte de cette lettre

 

« Bonjour George,

 

Nous sommes désolés, mais nous ne pourrons pas venir à ta fête… Trop loin, trop coûteux 140€ pour deux soirées… on a fait le compte 220€ pour deux soirées avec hôtel et surtout trop de séances « martinet, fouet, apéro de deux heures, bouffe de deux heures, puis martinet, fouet et rebouffe de deux heures et surtout avec trop de temps morts très très longs »

Et rien de prévu pour le sexe bdsm, pas d’espace sexe et presque mal vu si on le fait quand même… Beaucoup de gens pensent pareil et te le disent, mais tu n’entends pas, « trop de temps morts, trop de temps de bouffe, pas assez de sexe bdsm » Les amis viennent pour le sexe pas pour bouffer ou passer deux heures à voir du martinet pour le martinet…

Ceci n’a rien à voir avec l’amitié qu’on te porte… seulement entends un peu ce qu’on te dit.

 

Bises

 

Signé : Illisible »

 

Je suis un peu frustré de ne pouvoir répondre directement à l’auteur.

J’ai donc pensé lui faire une lettre ouverte et la mettre sur l’Anneau de Justine.com, en espérant qu’il la lise, même si je doute qu’il y soit inscrit.

Je pense que cette lettre ouverte peut lancer une discussion intéressante et instructive pour tous.

Je ne prétends pas disposer d’une vérité révélée, et je serai attentif aux ressentis de chacun sur ce sujet.

Voici donc ce qui aurait été ma réponse :

 

Cher inconnu, bonjour,

 

Puisque nous sommes des amis, et que nous nous tutoyons, je pense que tu sais que pendant de nombreuses années, aussi longtemps que mes finances me l’ont permis, mes soirées étaient entièrement gratuites. Aujourd’hui j’essaie de faire en sorte de ne pas perdre d’argent en organisant ces soirées, parce que je n’ai pas les moyens d’en perdre, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Il n’empêche que même aujourd’hui, lorsqu’un ami que je tutoie est dans la difficulté financière pour venir à une soirée, je n’hésite pas une seconde à « oublier » de lui demander sa quote-part…

En ce qui concerne le contenu lui-même de ton courrier, je tiens à être très clair à ce sujet, parce que ce que je pense exactement, est très simple : Il est évident que nos relations de Domination/soumission sont de nature sexuelle. Mais il est tout aussi évident que nos relations D/S sont des relations entre DEUX individus. Pas trois, ni douze, DEUX.

Bien sûr, il peut arriver que nous ajoutions dans nos relations quelques personnes, mais il s’agit toujours d’un choix du couple et jamais d’une obligation quelconque.

Ce choix reste individuel, c’est à dire que ce n’est pas un organisateur de soirées qui va décider de qui couche avec qui, quand et où… En l’occurrence, dans nos relations c’est le Maître de chaque soumise qui décide.

Donc, quand le Maître d’une soumise décide qu’elle va coucher avec quelqu’un d’autre, il ne me demandera pas mon avis, et il aura bien raison.

Ainsi, me reprocher qu’il n’y a pas de sexe dans mes soirées est une connerie objective.

Si il n’y a pas de sexe, c’est parce que les Maîtres présents ne le souhaitent pas, un point c’est tout.

Si toi, mon cher ami, tu le regrettes, je peux le comprendre, mais je ne peux rien y faire.

Par contre toi, mon cher ami, puisque tu utilises le « nous », il semblerait que tu viennes à mes soirées avec ta soumise… Dans ce cas, il t’est possible de la proposer aux hommes ou aux couples présents… Mais il semblerait que tu ne le fasses pas… Comme c’est étrange ???

Est-ce que par hasard, tu ne te serais pas trompé d’adresse ? Es-tu sûr que c’est le rapport de domination soumission qui t’intéresse ? Ou est-ce seulement comme tu le dis, le sexe bdsm ? Qui doit ressembler furieusement au sexe des boites échangistes…

Le rôle de mes soirées est de mettre en contact des amis qui ont la même passion pour les relations de domination soumission, dans un lieu qui permette le plus d’actions diverses possibles, et dans des conditions de convivialité agréables. C’est à dire qu’il doit y avoir un donjon, du chauffage, et un endroit où l’on puisse s’isoler (à deux ou plus) pour du sexe ou des câlins. Et aussi, nous sommes en France, leur proposer de bons petits plats, qui sont surtout autant d’occasions de leur dire que je les aime.

Contrairement à ce que tu dis, il y a TOUJOURS dans les soirées un endroit pour s’isoler. Si tu ne l’utilises pas, tu ne dois t’en prendre qu’à toi même !

Je n’ai nullement l’intention d’en faire davantage dans le sens que tu souhaiterais. Je ne sais même pas de quoi tu parles exactement : voudrais tu que je prenne ta soumise par la main pour l’amener dans un coin câlin ??? Peut-être préfèrerais-tu que je t’amène une soumise comme on emmène la vache au taureau ??? Tout cela n’est pas notre monde.

 

Tout est un peu mélangé dans ta tête : les relations D/S et la baise, l’amitié et les lettres anonymes…

Tu devrais faire un peu le ménage et remettre de l’ordre dans tout ça…

Mais je te dis ça en toute amitié, bien sûr !

 

Bises

 

George Berthou

5 responses to Débat au sujet d’une lettre anonyme

  1. zoltar said on

    Cher George,
    Il est bien d’avoir partagé ici ces mots. De façon générale, la liberté est un concept qui désigne la possibilité d’action ou de mouvement sans contrainte de chacun mais également la capacité de choisir et de faire. Que le sexe (sous ses formes variées) soit pratiqué lors de soirées B.D.S.M ne pose aucun problème.
    Tout comme, si certains jeux ne conviennent pas, tournons la tête (principe élémentaire de tolérance).
    Une distinction tout de même entre les jeux BDSM des jeux de sexe pour une raison simple: Que chacun puisse jouer selon ses envies sans « gêner » les autres.
    Inconnu:« Si tu sais aimer les bonnes choses de la vie tu sais aussi aimer la vertu. »
    Confucius

    Amicalement

  2. Nils said on

    Bonsoir Georges
    Vous êtes un homme loyal , et cette lettre ne mérite pas tant d’égards.
    Nils

  3. Lupercus said on

    Cher George,

    Je pense que nous sommes nombreux à être quelque peu irrités par une critique malveillante exprimée anonymement et prétendument amicalement, une critique anonyme qui ne méritait point l’honneur d’une réponse, mais que vous avez fort judicieusement écrite néanmoins afin de mettre les choses au point et consolider les fondations de votre pensée du BDSM.

    Qui n’a pas été sensible par la présence de vos délicieuses préparations gastronomiques à l’occasion des soirées que vous organisez, exprimant par là que lesdites soirées sont des fêtes, et non point des rassemblements mortifères et de simplissimes baisodromes ? Qui n’aura pas été touché parmi vos amis par votre « leur dire que je les aime » ? Qui n’est point sensible à la notion de « respect » que vous posez comme pièce maîtresse de votre pensée de la pratique ?

    L’ami anonyme semble faire fi de vos attentions, et mélanger érotisme, sexe et relations sexuelles, or qu’il me semble, concernant le BDSM, bien que je sois novice, et encore dans l’exploration de cet art érotique qui mène à réjouir ma Conquise et Compagne d’Amour, il me semble qu’il y ait dans cette pratique un mouvement qui s’effectue entre érotisme et sexe ; érotisme dans la manière de poser le corps élégamment en espace afin d’attiser le regard, de susciter le désir, et sexe parce que d’une part, il y a exposition des endroits du corps qui concernent le sexe, et parce que de l’autre, le rudoiement, avec martinet ou fouet et autres objets non conventionnels, relève du sexe, d’une forme de sexualité, lesdits objets deviennent alors comme une prolongation des parties du corps par où s’exprime le désir ; la relation sexuelle étant un contact direct des parties du corps en question, qui peut avoir lieu dans un cadre BDSM, mais point systématiquement, ainsi qu’il est réclamé dans la lettre.

    Il est vrai que les frontières, en ce qui concerne la paraphilie, que les frontières entre différentes pratiques sexuelles dites transgressives sont floues, mal définies, et provoquent des malentendus sinon des frustrations si on se trompe de lieu où vivre ce qu’on veut vivre transgressivement, ce qui semble être le fait de l’auteur anonyme de la lettre, qui mélange BDSM, échangisme, libertinage, quand chacun de ces mots réfère à une pratique, avec un champ sémantique frontalier avec les autres. Votre site de l’Anneau de Justine et vos soirées, George, ont le grand mérite d’essayer de poser des bases sémantiques du BDSM ; on les approuve, ou non.

    L’anonyme épistolier, dans son expression grossière, manque de cette distinction qui devrait caractériser un possible dans la manière d’être et de faire en BDSM, par quoi, et c’est une démarche personnelle, je qualifie cette pratique de rudoiement soyeux, ou autrement, mais du même style, cherchant des mots relevant de l’élégance et de la courtoisie pour affirmer mon positionnement quant est de cela. Il est vrai, et je le constate, qu’il convient à chacun de vivre cette façon de vivre érotisme et sexe, à chacun de s’approprier la chose, tout en restant néanmoins dans un cadre défini par l’acronyme qui nous concerne ici. A chacun d’être chacun, assavoir personnel dans son faire, et non point grégaire et de participer à un immense attroupement bestial, à chacun de trouver ses marques, de les explorer, de dominer et se soumettre, avec ou sans amour. Une soirée est aussi l’occasion de marquer et montrer un positionnement dans sa relation dominant/soumis.

    Certes, participer à une soirée, cela coûte, et on ne peut vous blâmer, George, de ne vouloir y laisser une fortune, et s’il nous manque quelques moyens pour s’y rendre, on ne s’y rend pas, un point c’est tout ; nous devons incessamment faire des choix, pourquoi toujours se plaindre de ce à quoi on renonce ? La plainte serait perpétuelle.

    Enfin, je puis dire combien j’ai apprécié regarder et écouter, à l’occasion des soirées des 16 et 17 novembre, regarder le savoir-faire et le savoir-donner de quelques-unes et uns, qui flagellant respectueusement et intensément, qui shibarisant avec grâce, qui versant de la cire avec dextérité, qui forgeant du bel ouvrage artisanal, qui offrant vaillante résistance au fouet, qui grognant divinement sous les coups des martinets, car, je crois, que ces soirées offrent aussi l’occasion d’observer, de regarder, d’apprécier sinon d’admirer ; n’oublions point nos sens ; et que le goût soit aussi sollicité que la vue, le toucher, l’ouïe, il n’y a pas lieu de s’en plaindre, tudieu !

    Anonyme, vous désapprouvez, or donc, passez votre chemin, il semble que vous n’ayez point votre place dans les soirées organisées par George, à qui j’adresse mes amicales salutations.

    Lupercus

  4. ErosPower said on

    George,

    un petit mot pour réagir à cette lettre qui, en plus d’être anonyme, est fort mal tournée.

    Elle a au moins le mérite de permettre une mise au point nécessaire. Oui, N/nous n’en finissons pas de confirmer N/notre plaisir de vivre tel que N/nous le souhaitons en N/nous reconnaissant les uns et les autres.

    Trois choses et à Mes yeux il en manque une de taille.

    Pour vivre une bonne soirée il importe que la nourriture soit agréable aux yeux comme au palais. Les plaisirs d’un bon repas ensemble sont des plaisirs de soirées partagées depuis les débuts du monde, et bien mal embouché celui qui ne sait pas le reconnaitre…

    Du sexe évidemment parce que N/nos choix de vie s’expriment avant tout dans la nature de N/nos relations sexuelles.

    Certes N/nous pouvons disserter à l’envie sur des relations de Domination soumission sans sexualité mais point besoin dans ce cas de faire partie de notre monde : celui de l’entreprise ou de l’administration avec ses petits et grands chefs cupides et médiocres suffit à montrer comment le troupeau de moutons serviles jusqu’au suicide apprécie d’être dominé, soumis au consentement muet de l’ignorance. Le raccourci est fallacieux : tout autant que la notion de BDSM sans sexe…

    Alors oui trois fois oui N/nos plaisirs de Dominer comme d’être soumise ou soumis sont à minima de nature sexuelle… Combien de couples ont commencé à explorer nos plaisirs un simple foulard sur les yeux…. Combien de soumises, de Maitres, de Maitresses et de soumis ont progressé dans le savoir faire sexuel, par la découverte, intense et répétée de nouvelles façons de faire, de vivre sexuel de telle ou telle manière, d’acquérir par la pratique au fil du temps de nouveaux talents ordonnés et partagés par le Maitre ou la Maitresse ? Nombreuses sont les raisons sexuelles de la fierté des Maitres et Maitresses à l’égard de leur soumises ou soumis…

    Troisième chose le martinet… Bon, pour Ma part J’ai grand plaisir à manier le martinet dont les marques sur la peau sont à Mes yeux les plus belles qui soient, alors oui du martinet, des cris, des pleurs font parties de ce que J’apprécie lors des soirées BDSM…. (Mépakeu ;-)

    Enfin et c’est la chose qui manque, que tu n’as pas évoqué parce que le rustre qui t’a écrit cette lettre n’y pense même pas : la tenue du lieu et des participants.

    L’élégance des personnes et des matériels… Ce sont bien des choses auxquelles tu prêtes une attention particulière et Je constate que c’est un bien grand plaisir partagé par la majorité des personnes pour qui tu organises ces soirées…

    De la beauté, du style, de l’élégance, du sexe et des sévices, des soumises entravées, utilisées, des soumis obéissants aux mains de leur Maitresse, des moments d’intensités de service, de douleur ou d’abnégation, d’exigences et d’appréciation…

    Ah… Le plaisir de commenter entre Maitres et Maitresses les qualités visibles et invisibles des soumises et soumis… Ah… L’expérience des Maitres ou Maitresse en shibari, au fouet ou les jouets sexuels que sont les soumises et soumis tenues au bord de l’orgasme dans le don total de leur nature offerte aux yeux de tous….

    Euh… c’est quand la prochaine ?

  5. Juris et Alba said on

    Mon Cher George
    Bien répondu.
    Personnellement sexe et BDSM n’ont jamais fait partie de mes habitudes et tu as pu en juger ! Comme tu dis si justement c’est le Maître qui décide si la Soumise doit avoir ou non des relations sexuelles durant la soirée.
    Je comprends toutefois que certains puissent vouloir en plus des verges utiliser la leur, le monde est ainsi fait.
    Quant à la nourriture, j’avoue qu’après une soirée en votre compagnie ma balance me fait les grands méchants yeux.
    Enfin financièrement parlant, tes soirées ne se limitant pas à mettre à disposition un local, il est nécessaire de t’accompagner dans tes dépenses. Moi même suis confronté à ce problème notamment lorsqu’on prévoit pour 20 personnes que qu’à l’arrivée 10 seulement sont présentes.
    En tout cas et en résumé, je suis de ton avis !
    François Juris
    P.S. je vais encore me faire des amis et amies avec ces propos

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.